Face à la dégradation du contexte international, la France s’apprête à lancer un exercice militaire majeur baptisé « Orion 26 ». Pendant trois mois, cet entraînement « particulièrement exigeant » doit permettre de démontrer la capacité de l’armée française à « entrer en premier sur un théâtre d’opérations et de mener une coalition internationale », selon le vice-amiral Xavier de Véricourt, chargé de l’organisation à l’état-major des armées.
L’exercice mobilisera des moyens considérables : 12 500 militaires français, 25 navires dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, 140 avions et hélicoptères, ainsi que 1 200 drones de tous types. Pour la première fois à ce niveau, des moyens cyber et spatiaux seront pleinement intégrés aux manœuvres.
Le caractère international de l’opération est également marqué par la participation de militaires issus de 24 autres pays, principalement européens, mais aussi américains, canadiens et émiriens. Cette édition 2026 se veut plus réaliste que la précédente version de 2023, en reproduisant toutes les phases d’un conflit moderne.
Le scénario : protéger « l’Arland » contre « Mercure »
Les manœuvres se dérouleront en deux étapes clés :
- Du 8 février au 1er mars : Le déploiement débutera sur la façade Atlantique par des opérations amphibies et aéroportées. La coalition devra soutenir un État partenaire fictif, l’Arland, face à l’expansionnisme d’un voisin situé à l’Est, Mercure.
- Du 7 au 30 avril : L’exercice basculera dans les camps de Champagne, dans l’est de la France. L’opération passera alors sous une chaîne de commandement otanienne, afin d’illustrer l’interopérabilité des armées européennes au sein de l’Alliance atlantique.
Au-delà de l’aspect purement militaire, Orion 26 implique 12 ministères. Cette coordination vise à tester la réponse des acteurs civils et militaires face aux « rétroactions », ces actions hybrides menées par un adversaire sur le territoire national, un scénario directement inspiré des menaces actuelles sur le flanc oriental de l’Otan.
Enfin, l’exercice servira de laboratoire pour les nouvelles méthodes de combat. Les armées prévoient de tester diverses innovations, notamment dans les domaines des drones, de la guerre électronique et du brouillage satellite, intégrant ainsi les évolutions les plus récentes du champ de bataille.
Tenplar Ngwadi
