Longtemps associée à l’or noir, l’Arabie saoudite lorgne désormais ses sous-sols pour une autre richesse stratégique. Les ressources minérales du royaume sont aujourd’hui estimées à 2 500 milliards de dollars, selon des données rapportées par CNN. Un véritable « eldorado » que Riyad compte bien exploiter pour s’imposer dans la course mondiale à la transition énergétique.
Alors que les minéraux critiques deviennent indispensables aux technologies de pointe, de l’automobile électrique à l’intelligence artificielle, en passant par l’industrie militaire, le pays du Moyen-Orient entend valoriser ses 48 types de minéraux recensés. Outre l’or, le zinc, le cuivre ou le lithium, le territoire saoudien abrite des gisements précieux de terres rares, notamment le dysprosium, le terbium, le néodyme et le praséodyme.
Une offensive pour attirer les investisseurs
Pour transformer ce potentiel en levier économique, Riyad a drastiquement musclé ses investissements. Selon S&P Global, le budget consacré à l’exploration minière a bondi de 595 % entre 2021 et 2025, passant de 21 millions à 146 millions de dollars.
Cette stratégie d’attractivité ne s’arrête pas aux chiffres. Le gouvernement saoudien multiplie les réformes pour séduire les entreprises étrangères : réduction des taux d’imposition, simplification des procédures administratives et accélération de l’octroi des licences d’exploitation. L’objectif est clair : bâtir un secteur minier compétitif capable de rivaliser avec les leaders mondiaux.
Malgré ces efforts substantiels, l’Arabie saoudite doit rattraper un retard certain face à des puissances minières historiques comme le Canada ou l’Australie. Le défi est d’autant plus grand que la Chine exerce une hégémonie quasi totale sur le secteur, contrôlant plus de 90 % de la production mondiale de terres rares raffinées.
En misant massivement sur ses ressources minérales, le royaume saoudien ne cherche pas seulement à diversifier son économie, mais tente de devenir un acteur incontournable d’un marché désormais vital pour la sécurité technologique mondiale.
Tenplar Ngwadi
