Donald Trump a choisi le Forum économique mondial de Davos pour lancer sa dernière offensive diplomatique : la création d’un « Conseil de la Paix ».
Conçue pour concurrencer une Organisation des Nations unies qu’il juge inefficace, cette nouvelle structure, née du plan pour Gaza soutenu par Washington, prend une dimension internationale inattendue.
Une organisation « agile » sous le contrôle absolu de Trump
Le projet repose sur une charte de huit pages prônant une organisation « plus agile » et critiquant ouvertement les institutions internationales traditionnelles ayant « trop souvent échoué ». L’architecture du pouvoir y est hautement centralisée : Donald Trump en assure la présidence avec des pouvoirs élargis, incluant le droit d’inviter ou d’exclure des membres (sauf veto des deux tiers).
Le président américain dirigera un conseil exécutif composé de ses fidèles et alliés : Marco Rubio, Jared Kushner, Steve Witkoff et Tony Blair. Fait notable, la charte stipule que Trump restera à la tête de l’organisation jusqu’à sa démission, y compris après la fin de son mandat présidentiel. Le traité entre en vigueur dès l’obtention de trois signatures, et une grande cérémonie de lancement est prévue ce jeudi en marge du Forum de Davos.
Le prix de l’influence : un milliard de dollars pour un siège permanent
Si les États membres siègent pour des mandats de trois ans renouvelables, le « Conseil de la Paix » impose un ticket d’entrée élevé pour ceux qui visent la pérennité. Pour obtenir un siège permanent au sein de ce club très select, les pays doivent verser une contribution minimale d’un milliard de dollars.
Malgré ces conditions, plusieurs nations ont déjà répondu à l’appel. À ce jour, onze pays (en plus des États-Unis) ont officialisé leur adhésion ou leur présence à la signature :

Israël : Benyamin Netanyahou a accepté l’invitation pour siéger en tant que membre, le conflit à Gaza étant la priorité initiale du Conseil.

La Russie : Le président Vladimir Poutine a remercié Donald Trump pour son invitation et s’est dit prêt à contribuer à hauteur d’un milliard de dollars pour intégrer le Conseil.

Egypte : Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi a accepté l’invitation de Donald Trump. L’Egypte a annoncé s’engager « à remplir les procédures juridiques et constitutionnelles nécessaires », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, exprimant son soutien à la « mission » du Conseil visant à mettre fin au conflit dans la bande de Gaza voisine.

L’Argentine : Le président Javier Milei a qualifié d’« honneur » sa participation à ce nouveau cercle diplomatique.

Maroc : Le roi du Maroc Mohamed VI rejoindra le Conseil en tant que « membre fondateur », a indiqué la diplomatie marocaine.

Émirats arabes unis : Le président des Emirats arabes unis Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane a, également accepté l’invitation américaine, sans pour l’instant communiquer davantage.

Bahreïn : De même, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a « accepté l’invitation du président Donald Trump », selon le ministère des Affaires étrangères à Manama.

Hongrie : Côté européen, Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a accepté dès dimanche l’invitation « honorable » de son allié Donald Trump d’être « membre fondateur » du « Conseil de paix ».

Azerbaïdjan : Le ministère des Affaires étrangères a annoncé mardi que le président Ilham Aliyev était « prêt à prendre part aux activités du Conseil de paix ».

Arménie : Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a déclaré ce mardi sur Facebook avoir accepté l’invitation de Donald Trump pour le « Conseil de paix ».

Kazakhstan : Enfin (pour l’instant, en tout cas), le président, Kassym-Jomart Tokaïev, « assistera à la cérémonie de signature » de la charte, a indiqué mercredi son service de presse.
Alors que la cérémonie de Davos approche, ce « Conseil de la Paix » s’impose déjà comme une alternative radicale au multilatéralisme classique, redéfinissant les règles de l’influence internationale par le prisme de la puissance financière et de l’agilité décisionnelle.
Tenplar Ngwadi
