Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont confirmé avoir repris, dimanche 18 janvier 2026, le contrôle de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à la suite du retrait des rebelles du M23-AFC intervenu la veille. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel de l’état-major général des FARDC.
Selon ce communiqué signé par le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, porte-parole a.i. des FARDC, l’armée congolaise affirme avoir pris le contrôle de la ville après le retrait de « l’armée rwandaise et de ses supplétifs de l’AFC/M23 ». Les forces loyalistes poursuivent actuellement leur déploiement à Uvira et dans ses environs afin de consolider leurs positions et de sécuriser les personnes et leurs biens.
Les FARDC déplorent par ailleurs des actes de pillage systématique enregistrés dans la ville avant l’évacuation des rebelles. Une vingtaine de civils présentés comme des pillards ont été interpellés et seront déférés devant la justice afin de répondre de leurs actes, précise l’armée congolaise.
De son côté, l’Alliance Fleuve Congo-M23 affirme s’être retirée volontairement de la ville. Son porte-parole, Lawrence Kanyuka, indique que l’unité d’observation et de monitoring chargée de la sécurisation d’Uvira s’est officiellement retirée dans le cadre d’un processus annoncé à plusieurs reprises par le mouvement, alors que les discussions politiques restent au point mort.
Quelques jours plus tôt, le coordonnateur de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, avait déclaré placer la ville d’Uvira sous la responsabilité « pleine et entière » de la communauté internationale, appelée selon lui à assurer la sécurité des habitants. Une position rejetée par le gouvernement congolais, qualifiée de « mascarade » par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors d’un briefing de presse diffusé sur la RTNC.
Depuis le week-end dernier, des scènes de pillages ont été signalées dans plusieurs quartiers d’Uvira, rappelant des événements similaires survenus auparavant à Goma, au Nord-Kivu, où des commerces et des dépôts d’organisations humanitaires avaient été pris pour cible. Des sources locales font également état d’une incursion d’éléments Wazalendo dans la ville, tandis que le M23-AFC a averti qu’il n’hésiterait pas à intervenir en cas de troubles majeurs.
Après près d’un mois et demi d’absence, les FARDC signent ainsi leur retour à Uvira sans affrontements armés, comme lors de leur repli stratégique initial. Ce retour soulève désormais des interrogations sur la capacité des forces de sécurité à restaurer durablement l’ordre et à prévenir de nouveaux débordements dans cette ancienne capitale provinciale du Sud-Kivu, alors que la situation sécuritaire reste fragile et scrutée de près par la population et les observateurs.
La Gazette du Continent
