C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre dans la trajectoire de l’opposant congolais Seth Kikuni. Annoncée ce lundi par le cadre de concertation des forces politiques et sociales, son départ du pays se serait déroulé « grâce à une opération discrète, coordonnée et courageuse », le plaçant désormais « en lieu sûr où son intégrité physique et morale est pleinement préservée ».
Selon la structure politique dont il est membre, cet ancien candidat à la présidentielle de 2023 aurait été la cible d’une « nouvelle procédure arbitraire à caractère politique ». Cette menace serait matérialisée par une lettre datée du 15 décembre 2025, émanant de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire et adressée au Procureur général près la Cour de cassation.
Le cadre de concertation a, par la même occasion, exprimé sa « profonde reconnaissance à toutes les personnes de bonne volonté ainsi qu’à toutes les organisations qui se sont impliquées dans cette opération délicate de sauvetage ». L’organisation dénonce un contexte marqué par « de fortes menaces et de graves violations des libertés fondamentales ». Seth Kikuni devrait s’exprimer publiquement dans les prochains jours « afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur les circonstances exactes de son départ du pays ».
Ce départ intervient alors que Seth Kikuni a déjà connu des démêlés avec la justice. Libéré de la prison de Makala le 1er mars 2025, après six mois de détention, il avait été condamné en septembre 2024 à un an de prison pour « incitation à la désobéissance civile » et « propagation de faux bruits ».
À son retour à Kinshasa, le samedi 18 octobre 2025, suite à sa participation à un conclave de l’opposition organisé à Nairobi par Joseph Kabila, le président du parti Piste pour l’émergence avait été interpellé à son arrivée à l’aéroport international de Ndjili. Des agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR) lui auraient alors confisqué son passeport, document qui ne lui a toujours pas été restitué à ce jour.
Cette énième péripétie judiciaire et administrative intervient alors que Seth Kikuni avait vivement critiqué le déplacement du chef de l’État, Félix Tshisekedi, à Davos, en Suisse, pour participer à la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial. La situation de l’opposant souligne les tensions persistantes entre le pouvoir et une partie de la classe politique d’opposition en RDC.
La Gazette du Continent
