C’était l’affiche la plus attendue du continent. D’un côté, le Maroc, pays organisateur et 11e nation mondiale au classement Fifa ; de l’autre, le Sénégal, 19e, tenant de son rang de cador africain.
Dans un stade de Rabat surchauffé et balayé par une pluie battante, les deux géants se sont livrés un duel d’une intensité rare, qui a basculé dans l’irréel lors des prolongations.
Après un temps réglementaire stérile, le match a basculé en seconde période de prolongations. Alors que les Lions de l’Atlas évoluaient à 10 contre 11, la tension est montée d’un cran. À la 111e minute, le Sénégalais Cherif Ndiaye manque une occasion en or de plier le match, butant à deux reprises sur un Yassine Bounou impérial.
Mais la délivrance sénégalaise est venue peu après des pieds de Pape Gueye. Faisant preuve d’une puissance extraordinaire pour déborder Achraf Hakimi, le milieu de terrain a déclenché une frappe magnifique qui a fini sa course dans les filets marocains, laissant Bounou impuissant (0-1).
La fin de match a alors sombré dans la confusion. Le Maroc a cru pouvoir revenir au score lorsque Brahim Diaz a tenté une panenka, mais le milieu madrilène a manqué son geste, laissant planer le doute sur ses intentions réelles dans un tel contexte.
C’est toutefois l’arbitrage qui a mis le feu aux poudres. Quelques minutes après qu’un but a été refusé aux Sénégalais sans aucune vérification de la VAR, l’arbitre a accordé un penalty au Maroc pour une faute sur Brahim Diaz. Cette décision a provoqué la fureur du camp sénégalais, dénonçant une injustice flagrante.
Le climat est alors devenu délétère : des supporters ont pénétré sur le bord de la pelouse pour contester les décisions arbitrales. Face à cette situation incontrôlable et au sentiment d’iniquité, les joueurs sénégalais ont pris la décision radicale de quitter le terrain.
Malgré ce final chaotique et l’interruption prématurée des débats, le Sénégal est sacré champion d’Afrique. Les hommes d’Aliou Cissé décrochent ainsi leur deuxième étoile, après celle de 2021, au terme d’une soirée où le sport aura côtoyé le chaos jusqu’au bout de la nuit.
Tenplar Ngwadi
