Alors que la contestation contre le régime de Téhéran gagne en intensité malgré une répression meurtrière, le président américain Donald Trump multiplie les signaux en faveur d’une intervention armée.
Entre pressions diplomatiques et menaces de frappes, Washington se dit « prêt à aider » les manifestants.
L’hypothèse d’une intervention militaire américaine pour soutenir le renversement du régime en Iran semble devenir, chaque jour, plus vraisemblable. Dans un contexte de tensions extrêmes, Donald Trump agite désormais ouvertement cette menace, plaçant la République islamique sous une pression internationale inédite.
Sur le terrain, le mouvement de protestation entamé le 28 décembre ne faiblit pas. Samedi soir, de nouveaux défilés ont été signalés à Téhéran, où les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir. Selon une vidéo authentifiée par l’AFP, la place Punak, dans le nord de la capitale, a été le théâtre d’une mobilisation marquée par des tirs de feux d’artifice et des concerts de casseroles en soutien à la dynastie Pahlavi, déchue lors de la Révolution de 1979.
Ces rassemblements se déroulent dans des conditions périlleuses : le pays est quasi coupé du monde par un blocage d’internet, instauré par les autorités pour freiner la mobilisation. Le bilan humain s’alourdit lourdement : l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, a dénombré vendredi au moins 51 manifestants tués, dont neuf enfants, ainsi que des centaines de blessés.
Face à cette situation, Donald Trump a choisi de s’exprimer sur sa plateforme Truth Social, affirmant que l’Iran « aspirait à la liberté » et que les États-Unis « se tenaient prêts à aider ». Ce message fait suite à une précédente mise en garde du président américain, promettant de « frapper très fort » en cas de vague de répression meurtrière généralisée.
Selon le New York Times, cette menace dépasse la simple rhétorique. Le quotidien rapporte que le président a été briefé sur plusieurs options militaires, incluant des frappes potentielles sur des cibles civiles. Bien qu’aucune décision finale ne soit encore actée, Donald Trump « envisagerait sérieusement » une nouvelle intervention armée, quelques mois seulement après avoir ordonné le bombardement de trois sites nucléaires iraniens en juin dernier.
Le mouvement trouve également un écho auprès de l’opposition en exil. Depuis les États-Unis, l’ancien prince héritier Reza Pahlavi a exhorté samedi ses compatriotes à « se préparer à prendre » les centres-villes pour accentuer la pression sur le régime.
Initialement déclenchée par la vie chère, cette vague de contestation, la plus importante depuis trois ans, place désormais Téhéran face à un double défi : une révolte intérieure qui s’installe et la menace d’une puissance américaine déterminée à soutenir la chute du régime.
Tenplar Ngwadi
