Le mystère entourant la réapparition de l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, lauréate du Prix Nobel de la Paix, s’est éclairci ce jeudi à Oslo. Après avoir vécu cachée au Venezuela pendant près d’un an, l’opposante de 58 ans a pu recevoir en personne sa distinction et s’est livrée à sa première prise de parole publique depuis près d’un an.
Récompensée en octobre pour ses efforts en faveur d’une transition démocratique au Venezuela, María Corina Machado a confirmé le rôle crucial joué par Washington dans son exfiltration. « Nous avons reçu un soutien du gouvernement américain pour arriver ici », a-t-elle reconnu lors d’une conférence de presse. Elle a également tenu à remercier « tous ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie pour que je puisse être ici aujourd’hui », précisant qu’elle ne pouvait pas dévoiler les détails de l’opération pour ne pas les mettre en danger.
Une évasion digne d’un film d’espionnage
Selon les révélations du Wall Street Journal, le voyage de l’opposante a été une véritable évasion. Lundi après-midi, elle aurait entamé sa fuite depuis la banlieue de Caracas, où elle se cachait depuis un an, en portant une perruque et un déguisement. Elle a d’abord rejoint un village de pêcheurs côtier. Le mardi, elle a effectué une « traversée périlleuse de la mer des Caraïbes », dont l’armée américaine avait été avertie.
Elle a été accueillie à Curaçao par un spécialiste de ce type d’opération, fourni par l’administration Trump. Elle a ensuite pu emprunter un vol privé mercredi pour rejoindre Oslo.
María Corina Machado avait été empêchée de participer à la présidentielle et était entrée en clandestinité en août 2024. Mercredi, c’est sa fille, Ana Corina, qui avait reçu le prix en son nom et lu son discours.
Devant la presse, l’opposante a affirmé être venue pour recevoir le prix « au nom du peuple vénézuélien » et a promis de le ramener au Venezuela « au moment adéquat ». « Je ne dirai pas quand ni comment cela se fera, mais je ferai tout (mon) possible pour pouvoir rentrer et aussi mettre fin à cette tyrannie très bientôt », a-t-elle déclaré, assurant qu’il fallait « finir le travail » pour établir la démocratie.
Cette réapparition intervient en pleine crise entre le Venezuela et les États-Unis, qui ont déployé une imposante flottille en mer des Caraïbes depuis août, officiellement pour lutter contre le narcotrafic, causant 87 morts. Le président vénézuélien Nicolás Maduro accuse Washington de vouloir le renverser pour s’emparer du pétrole. Bête noire de Maduro, María Corina Machado, qui a dédié son Nobel au président américain Donald Trump, soutient ce déploiement américain. Sa précédente apparition publique remontait au 9 janvier lors d’une manifestation à Caracas.
S. Tenplar Ngwadi
