Les présidents congolais Félix-Antoine Tshisekedi et rwandais Paul Kagame vont procéder le 4 décembre 2025 à la signature de l’accord de paix de Washington sous l’égide du président américain Donald Trump.
À quelques heures de cet événement, la guerre se poursuit dans la partie orientale de la RDC entre les Forces armées de la RDC et les rebelles du M23 soutenus par le régime de Paul Kagame.
Dans la journée du 3 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement congolais, le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya et la porte-parole du chef de l’Etat de la RDC, Tina Salama, ont animé un briefing de presse à Washington aux États-Unis devant les médias congolais et internationaux.
Les délégations des parties prenantes sont arrivées à Washington, notamment le chef de l’État congolais, le chef de l’État rwandais.
D’autres chefs d’État ont été invités à cet événement pour leur statut de témoins ou de facilitateurs. Leurs services ont confirmé leur arrivée.
Il s’agit des présidents kényan William Ruto, angolais Joao Lourenço et burundais. L’Ouganda a dépêché sa vice-présidente et il est signalé la présence du ministre des Affaires étrangères du Qatar et de celui des Emirats arabes unis. Le président de la Commission de l’Union africaine est également attendu sur place.
Selon Giscard Kusema, directeur adjoint de la presse présidentielle, la cérémonie commencera à la Maison Blanche où Donald Trump va accueillir peu avant midi, heure locale, de manière séparée le président Paul Kagame et le président Félix-Antoine Tshisekedi.
Les deux chefs d’État seront confiés au Bureau Ovale où ils auront une entrevue d’environ d’une dizaine de minutes. Il ne pourrait pas y avoir une déclaration publique à l’issue de cette rencontre.
La porte-parole du chef de l’Etat, Tina Salama, a indiqué présenter avec précision, transparence et surtout responsabilité la portée politique, sécuritaire et économique mais surtout historique des accords de Washington.
Ce sont des accords parce qu’il y en a beaucoup. « Ces accords représentent ce que nous appelons une sorte de paquets assez cohérents.
Donc, premièrement ces accords visent à mettre fin au cycle de guerre à l’est de la RDC. Nous parlons des cycles de guerre puisque c’est une guerre qui date depuis 30 ans.
Nous sommes dans ces cycles de violence. On espère qu’avec ces accords, on va pouvoir mettre fin à ses cycles de violence dans la partie Est du pays. Deuxièmement, ce qui nous intéresse, c’est que nous voulons reprendre le contrôle de nos ressources naturelles parce que vous savez qu’on parle aujourd’hui du Génocost. Donc, un génocide qui est lié sur des gains économiques de ressources naturelles ».
Des pays voisins font main basse sur les minerais congolais. Pour le président de la République Démocratique du Congo ou pour le gouvernement congolais, il faut transformer ces ressources en emplois, construire des infrastructures. « Il est temps que nos richesses puissent nous profiter et puissent profiter à la population congolaise ».
Ces accords ne surgissent pas du néant. Ils constituent l’aboutissement logique d’un processus diplomatique engagé depuis plusieurs mois dans une première étape décisive a été franchie le 27 juin 2025 avec la signature des accords des principes par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda.
A l’heure actuelle, les chefs d’État viennent pour confirmer ou ce que vous dites en vos termes entériner au plus haut niveau politique une orientation stratégique assumée. À travers ces accords, la RDC envisage de rompre avec les cycles de violence, de restaurer pleinement sa souveraineté nationale et engager le pays sur la voie d’une prospérité durable fondée sur une paix vigilante et la transformation locale de nos ressources ».
Pour Tina Salama, ces accords ne signifient pas la vente des minerais aux Américains. La souveraineté sur les ressources reste congolaise. Ce n’est pas la paix contre les minerais. Il s’agit bien de la sécurisation des minerais pour priver la guerre de financement.
Ce n’est pas un protectorat déguisé. Les mécanismes sont conjoints, équilibrés et encadrés juridiquement. Enfin, ce n’est pas un partage des territoires ou des parcs nationaux restent congolais sans condition ni exception.
Pas de brassage et de mixage au sein des services de défense
L’intégration des anciens rebelles se fera par le processus de démobilisation. C’est la seule voie de l’intégration. Il ne sera pas question d’amnistie des groupes terroristes. « Nous avons connu des expériences en 2009 et en 2013. Il est hors de question d’amnistier des groupes terroristes. Certains groupes sont impliqués dans des graves violations des droits de l’homme, des crimes contre l’humanité et le droit humanitaire international. L’intégration se fera au cas par cas. L’intégration sera conditionnée « .
Patrick Muyaya a précisé que les causes profondes pour le gouvernement congolais, c’est d’abord le génocide rwandais. « Nous avons accueilli en 1994 à la demande de toute la communauté internationale les réfugiés rwandais qui sont venus par millions. Depuis cette époque, la partie orientale de notre pays est devenue l’épicentre de la violence. Je pense que le coût humain que nous avons payé et bien plus supérieur que le génocide rwandais ».
La ligne rouge tracée par le président de la République Démocratique du Congo, que ça soit à Luanda, à Doha ou à Washington, c’est une paix durable et définitive. C’est pour ça que « nous venons ici à Washington. Évidemment, nous disions que des problèmes sécuritaires ou des attaques des populations civiles sur le terrain, ça fera l’objet de discussions entre le président Tshisekedi et le président Trump. L’idée pour nous est d’être sûrs que nous allons contribuer à la résolution du problème de l’Est de la RDC ».
Il y a Doha où le gouvernement congolais va regarder la question du « fils » (M23) Washington, nous traitons la question du « père »(gouvernement rwandais) et à Doha nous traitons la question du « fils », le M23. « Le gouvernement congolais est inscrit dans cet esprit et nous espérons que chacune des parties jouera son rôle pour que la paix soit restaurée rapidement », a noté Patrick Muyaya.
La Gazette du Continent
