Aujourd’hui on parle de la Rumba congolaise comme étant un patrimoine immatériel universel de l’UNESCO ça fera bientôt 4 ans. La Rumba congolaise, l’identité culturelle de peuple congolais, une musique qui a traversé le siècle et le continent.
Et pourtant cette Rumba congolaise est le fruit de plusieurs cultures :bantoue, ouest- africaine ’’popo’’et occidentale.
Le Ghana, premier pays d’Afrique noire d’accéder à l’indépendance en 1957,alors que d’autres attendront la décennie 60 pour lui emboîter le pas, sera aussi le premier État africain souverain qui verra ses ressortissants voyager à travers l’Afrique et le monde depuis les années 30 et 40, une ancienne colonie britannique. Kwame Nkrumah son premier président fut étudiant en Économie en Angleterre déjà dans les années 40. Les marins ghanéens voyagèrent partout pour exporter la culture ghanéene à travers l’Afrique. Les matelots ghanéens’’ Crewmen’’ transportaient dans leurs bagages leur musique appelée Highlife créée vers 1920 et une musique traditionnelle instrumentale faite du luth, les flûtes et tambours parlants.
Les matelots ghanéens débarquaient au port de Matadi avec leur musique, qui petit à petit ,trouva une oreille attentive. Les autochtones congolais surtout Né kongo s’inspirèrent de cette musique pour enrichir la leur. Les Adou Elenga, Henri Bowane etc…furent les rejetons de ses marins mariés aux femmes du terroir. Dans la chanson de Léon Bukasa’’Congo na biso bana basi bayebi kolata’’on retrouve clairement les sonorités Highlife. Que dire de ’’Samedi soir’’d’Adou Elenga ?
La musique congolaise est la conjonction de plusieurs sons venus de différents horizons.
Les Ghanéens et les Ouest-africains ( Sierra- leonais, Nigérians, Gambiens,Togolais) n’ont pas seulement laissé leurs sonorités chez -nous, mais aussi leurs beignets, leurs perles ( démodées) et surtout le nom ’’Quado,’’comme vulcanisateur des pneus en bon français. Quado qui n’est autre que la déformation du nom’’Kwadjo’’ou Kouadio, le tout premier ghanéen à réparer les pneus à Léo.
La récupération et le recyclage des pneus crevés et usés, une tradition bien ghanéene jusqu’à ce jour. Les pneus jetés en Europe reprendont naturellement une seconde vie au Ghana voire au Togo.
Dary-Abega
