Entre la République démocratique du Congo et la Belgique, c’est une très longue une histoire d’amour faite des crime, soumission, domination, exploitation, colonisation, mépris etc…une relation inéquitable entre un dominé et un dominant. La RDC, une ancienne colonie de la Belgique, l’ancienne métropole dans la posture d’une dominée.
L’indépendance précipitée de la RDC en juin 1960 mettra fin au projet du développement de la colonie la plus riche d’Afrique noire. La Belgique après une indépendance ratée ,accordée à contrecœur aux Congolais, va rapatrier toutes ses archives en Belgique ainsi que toute son expertise dans tous les domaines.
Les Congolais inexpérimentés et non -préparés, seront donc réduits à la débrouillardise et au bricolage jusqu’à ce jour.
Les enfants issus de familles riches de la nouvelle oligarchie congolaise, seront obligés d’être scolarisés dans les écoles occidentales et universités belges à Liège, Louvain etc… dans l’espoir qu’ils formeraient la future élite congolaise. Qui une fois leur cursus bouclé, rentreront au pays pour occuper des postes à responsabilité. Un véritable retour sur investissement.
Ils seront surnommés les ’’Belgicains ’’un néologisme qui voulait dire ’’les Congolais étudiant en Belgique. Ou encore: les Congolais de la Belgique. Une tendance qui va s’étendre jusqu’aux premiers footballeurs professionnels congolais jouant en Belgique. Les étudiants congolais musiciens des orchestres Los Nickelos, Yéyé -National, Africana de Bruxelles, Zaico furent tous Belgicains. Les Belgicains footballeurs contribueront au premier sacre des Léopards à la coupe d’Afrique des nations en Éthiopie en 1968 : les Kabamba, Kasongo, Mulongo, Muwawa, Bilengi. Les Mukuna Trouet, Bonga Bonga, Max Mayunga, etc…apporteront leur apport comme entraîneurs dans certains clubs congolais. Donc, dans l’épanouissement du football congolais.
Aujourd’hui on nous parle des binationaux comme étant ces joueurs professionnels congolais nés, formés et grandis en Belgique voire en Europe ,nés des parents d’origine congolaise qui ont acceptés d’opter pour la nationalité ’’sportive’’congolaise dans le but de jouer pour les Léopards. Un choix de cœur et de raison selon chacun, voire un choix opportuniste pour d’autres.
Un phénomène à la mode aujourd’hui, surtout que leur apport sportif a fait en sorte que les Léopards de la RDC se retrouvent à un pas d’une participation à la prochaine coupe du monde. Un phénomène qui désavantage le football congolais au niveau local. Le’’ phénomène binationaux,’’ un arbre qui cache la forêt sur les véritables maux qui rongent la société congolaise. Si les Belgicains avaient constitué une plus -value dans la gouvernance du pays à leur retour, les binationaux sportifs quant à eux, nous reviennent plus avec du loisir et divertissement, un apport sportif, et jusqu’à quand ? Une solution superficielle.
Je souhaiterais quant à moi, plus un retour au pays des binationaux intellectuels pour relever le défi du développement dans un pays presque par terre.
Les binationaux sportifs ont joué leur partition, quid des binationaux ingénieurs, architectes, médecins, chercheurs, historiens, écrivains, archéologues etc…?
De belgicain au binational, deux époques différentes grâce à la Belgique.
Dary Abega
