Après dix-huit mois de siège, la chute, le 26 octobre 2025, de la ville d’El-Fasher au Darfour marque un tournant dans la guerre au Soudan.
En s’emparant de cette ville stratégique, les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemetti contrôlent désormais la quasi-totalité du Darfour.
Face à elles, l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan dispose d’une assise inégale, à Khartoum et à l’Est du pays. Deux pôles, deux armées, deux Soudan : l’un tourné vers la vallée du Nil, l’autre vers le Sahel.
Dans ce pays aux huit frontières, la rivalité entre deux chefs de guerre s’enracine dans les fractures ethniques et territoriales du Soudan, tout en attirant les ambitions des puissances régionales – Émirats arabes unis, Égypte, Turquie.
Le risque est désormais celui d’un État morcelé, livré aux milices et aux influences étrangères.
Le Soudan se dirige-t-il vers une partition de fait ? Peut-il survivre à cette fragmentation territoriale et communautaire ? Et assiste-t-on, comme en Libye hier, à la disparition d’un État sous le poids de la guerre et des appétits extérieurs ?
Alain Toussaint
