Un climat de tension politique inquiétant
Depuis quelques semaines, le Kwango traverse une zone de turbulences politiques qui inquiète plus d’un observateur. Des réunions secrètes, des rumeurs persistantes, des pétitions montées à la hâte… L’ambiance à l’Assemblée provinciale ressemble à une partie d’échecs où chaque mouvement semble calculé.
Mais derrière ces manœuvres, une question dérange : qui veut réellement faire tomber le Président de l’Assemblée provinciale du Kwango ?
Le G13, un groupe aux intentions floues
Des informations parvenues à notre rédaction font état d’une réunion tenue récemment entre l’exécutif provincial et un groupe de treize députés provinciaux, connu sous le nom de G13.
Au centre des échanges : la justification des frais d’investissement envoyés par le gouvernement central.
Selon plusieurs sources, la première tranche de 52 000 dollars aurait été utilisée pour recevoir la Première ministre lors de sa visite dans la province.
Quant à la seconde tranche de 65 000 dollars, elle aurait servi à accueillir le Vice-premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité.
Si ces dépenses semblent anodines sur le papier, elles laissent pourtant un goût amer. Aucun rapport clair, aucun bilan public, aucune preuve concrète de leur impact sur le développement de la province.
Et plus grave encore : l’exécutif provincial aurait catégoriquement refusé tout contrôle parlementaire.
Un refus qui en dit long, selon plusieurs analystes, sur la peur de voir certaines pratiques financières mises en lumière.
Une pétition aux allures de diversion
C’est dans ce climat de tension qu’une pétition contre le Président de l’Assemblée provinciale a été soudainement lancée.
Officiellement, il s’agirait d’un geste de “redressement institutionnel”.
Officieusement, tout laisse penser qu’il s’agit d’une stratégie de diversion pour détourner l’attention de la gestion controversée des fonds provinciaux.
Derrière cette initiative, certains y voient la main de ceux qui redoutent un contrôle parlementaire susceptible de révéler des “cadavres cachés dans le placard”.
Mais alors, que reproche-t-on réellement au Président de l’Assemblée ?
A-t-il été accusé de détournement ? De faute de gestion ? De manquement grave ?
Rien ne semble justifier un tel acharnement. Son unique tort, selon plusieurs élus, serait de vouloir exercer pleinement les prérogatives de contrôle dévolues au Parlement provincial.
Le peuple observe, les masques tomberont
Alors que certains s’affairent à préserver leurs privilèges, le Kwango continue de s’enfoncer dans la précarité et le retard.
Les routes restent impraticables, les infrastructures scolaires et sanitaires manquent, et les jeunes désespèrent.
Pendant ce temps, les querelles politiciennes étouffent l’essentiel : le développement du Kwango.
Le peuple n’est pas dupe. Il observe, attentif, ceux qui travaillent pour lui et ceux qui travaillent contre ses intérêts.
Et lorsque viendra le moment de vérité, les masques tomberont.
Car dans toute démocratie, le véritable patron reste le peuple — et le peuple du Kwango n’a pas encore dit son dernier mot.
Serge Lutu pour La Gazette du Continent
