D’après nos confrères de Jeune Afrique, le président de la République, Félix Tshisekedi, a transmis à Luanda, à la mi-mai, une contre-proposition au projet de dialogue politique porté par l’Angola. À la place du dialogue inclusif envisagé par les autorités angolaises, Kinshasa propose l’organisation des « États généraux de la Refondation de l’État pour le Salut de la Patrie », un cadre réunissant 500 participants, mais excluant notamment Joseph Kabila et les groupes armés.
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en République démocratique du Congo, le président angolais João Lourenço peine à faire avancer son initiative. Sans avoir officiellement renoncé à sa mission, il se montre de plus en plus discret, tandis que plusieurs sources diplomatiques indiquent que le processus se trouve actuellement dans l’impasse.
Selon la proposition congolaise, le processus serait placé entièrement sous l’égide des autorités de Kinshasa. Félix Tshisekedi en serait à la fois le principal convocateur et le destinataire des conclusions issues des travaux.
Le document transmis à Luanda évoque également la possibilité d’un « changement ou adaptation de la Constitution » ainsi que l’avènement d’une « quatrième République ». Il prévoit le maintien de Félix Tshisekedi à la tête du pays jusqu’à l’élection d’un nouveau président.
Cette proposition n’a toutefois pas reçu l’adhésion de l’Angola. D’après plusieurs sources, Luanda refuse d’accompagner un processus qui exclurait l’AFC/M23 et Joseph Kabila, tout en ouvrant la voie à une modification constitutionnelle susceptible de provoquer d’importantes tensions politiques.
Keno M.
