Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont adopté ou renforcé ces derniers mois des législations criminalisant les relations homosexuelles ainsi que leur « promotion », marquant une nouvelle étape dans le durcissement juridique observé à l’égard des personnes LGBT+ dans la région.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large enregistrée en Afrique subsaharienne depuis 2023. Cette année-là, l’Ouganda avait adopté l’une des lois les plus strictes au monde en matière de répression de l’homosexualité. Le texte prévoit notamment, dans certains cas, la peine de mort pour « homosexualité aggravée », bien que cette disposition ne soit pas appliquée.
En Afrique de l’Ouest, le mouvement s’est intensifié au cours des années 2025 et 2026. Au Burkina Faso, de nouvelles dispositions prévoient des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les pratiques homosexuelles.
Au Niger, l’homosexualité a été intégrée dans le code pénal parmi les infractions sanctionnées, avec des peines pouvant atteindre vingt ans d’emprisonnement dans certains cas.
Au Sénégal, les sanctions ont été renforcées, les peines maximales étant portées à dix ans de prison. Depuis le début de l’année, cette évolution législative a conduit à plusieurs arrestations et condamnations.
Au Ghana, un projet de loi adopté par le Parlement prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour les relations homosexuelles ainsi que des sanctions supplémentaires pour leur « promotion ». Le texte reste toutefois en attente de ratification.
Ces différentes mesures interviennent dans un contexte marqué par un durcissement politique et social sur la question. Plus de la moitié des 54 États africains disposent déjà de législations criminalisant l’homosexualité. Les gouvernements concernés justifient généralement ces dispositions par des arguments liés à la souveraineté culturelle, aux valeurs religieuses conservatrices ou encore au rejet d’influences occidentales.
Cette dynamique a également été alimentée par une conférence parlementaire organisée à Accra en juin 2026. La rencontre a encouragé plusieurs élus africains à promouvoir de nouvelles initiatives législatives restrictives, renforçant ainsi une tendance régionale coordonnée.
Face à cette évolution, les organisations de défense des droits humains expriment leur inquiétude. Elles alertent notamment sur l’augmentation des arrestations ainsi que sur les risques sanitaires liés à une marginalisation accrue des personnes LGBT+, particulièrement en ce qui concerne leur accès aux soins de santé.
Tenplar Ngwadi
