Le limogeage du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et la dissolution de son gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye risquent d’aggraver l’incertitude politique et économique au Sénégal, estiment plusieurs observateurs.
Cette décision intervient alors que le pays fait déjà face à une crise de la dette et à des négociations prolongées avec le Fonds monétaire international (FMI), dans un contexte économique jugé fragile.
Fondateur du Parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité – PASTEF, Ousmane Sonko s’était vu empêcher de participer à l’élection présidentielle de 2024. À l’époque, l’opposant farouche au président Macky Sall était sous le coup d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques.
Cette condamnation avait alimenté une vague de manifestations populaires dirigées contre Macky Sall et contre l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel.
Empêché de concourir, Ousmane Sonko avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat du Pastef. Après sa victoire à la présidentielle, ce dernier avait nommé son mentor au poste de Premier ministre.
Mais depuis l’arrivée du duo au pouvoir, les tensions n’ont cessé de croître entre le président sénégalais et son chef de gouvernement, dont l’influence politique considérable avait largement contribué à leur accession au pouvoir.
Porté par une rhétorique panafricaniste, Ousmane Sonko avait suscité un fort engouement auprès d’une jeunesse sénégalaise désabusée à l’approche de la dernière présidentielle.
Quelques heures après son départ du gouvernement, vendredi soir, l’ancien Premier ministre a réagi sur les réseaux sociaux. « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », a écrit Ousmane Sonko sur son compte Facebook, en référence au quartier dakarois où se situe son domicile.
Tenplar Ngwadi
