L’UNICEF a exprimé sa vive préoccupation face aux flambées de la maladie à virus Ebola confirmées en République Démocratique du Congo et en Ouganda, alors que les risques pour les enfants et les communautés vulnérables continuent de croître dans toute la région.
L’Organisation mondiale de la Santé considère désormais cette situation comme une urgence de santé publique de portée internationale.
À ce jour, 246 cas suspects ont été recensés, dont 80 décès présumés dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. En Ouganda, deux cas ont été signalés, parmi lesquels un décès. Pour l’agence onusienne, ces chiffres illustrent l’urgence de renforcer les mesures de riposte afin de limiter la propagation de l’épidémie.
La souche Bundibugyo sans vaccin ni traitement approuvé
Les autorités sanitaires font face à la souche Bundibugyo du virus Ebola, moins fréquente que la souche Zaïre. Selon les informations disponibles, cette variante aurait commencé à circuler depuis la fin du mois d’avril 2026. Particularité préoccupante : aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement contre cette souche. Dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements massifs de populations et les difficultés d’accès aux zones touchées, les risques d’une propagation rapide demeurent élevés, notamment dans les régions frontalières.
Les enfants parmi les premières victimes de l’épidémie
L’UNICEF rappelle que les enfants figurent parmi les populations les plus exposées aux conséquences des flambées d’Ebola. Au-delà des risques sanitaires, l’épidémie entraîne des perturbations majeures des services essentiels, notamment dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’éducation et de la protection. De nombreux enfants perdent leurs parents ou leurs proches, tandis que d’autres sont confrontés à la stigmatisation, à la détresse psychosociale et à des menaces accrues pour leur sécurité.
Une assistance d’urgence déjà déployée à Bunia
Face à cette situation, l’UNICEF a déjà acheminé près de 50 tonnes de matériel médical et sanitaire à Bunia. Cette aide comprend notamment des désinfectants, du savon, des équipements de protection individuelle, des comprimés de purification d’eau ainsi que des réservoirs de stockage. L’organisation prévoit également le déploiement imminent d’une équipe multidisciplinaire d’urgence chargée d’appuyer les actions prioritaires sur le terrain, en particulier la communication sur les risques et la mobilisation communautaire.
Plus de 2.000 agents de santé communautaires sont déjà mobilisés dans les zones affectées. Toutefois, l’UNICEF estime qu’un renforcement rapide des moyens humains et logistiques reste indispensable, surtout dans les zones difficiles d’accès.
L’UNICEF active son plus haut niveau d’urgence
Afin d’intensifier sa réponse, l’UNICEF a activé son niveau d’urgence organisationnelle de niveau 3, le plus élevé au sein de l’institution. Cette mesure vise à accélérer le déploiement du personnel d’urgence, faciliter l’accès à des financements flexibles et renforcer la coordination entre les bureaux nationaux, régionaux et le siège de l’organisation.
L’UNICEF travaille également en étroite collaboration avec Organisation mondiale de la Santé et les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies afin de soutenir les efforts des gouvernements concernés.
Appel à un accès humanitaire sécurisé
L’agence des Nations unies appelle enfin à garantir un accès humanitaire immédiat, sécurisé et durable aux populations affectées, particulièrement dans l’est de la RDC. Selon l’UNICEF, une réponse rapide, fondée sur la confiance des communautés et le soutien continu aux personnels de première ligne, sera essentielle pour protéger les enfants et freiner la propagation du virus dans la région.
La Gazette du Continent
