Une vive controverse agite plusieurs localités du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, après la circulation de rumeurs évoquant une supposée délocalisation des projets de construction des postes frontaliers de Nyamoma à Sange et de Rubenga à Luvungi.
Ces infrastructures s’inscrivent dans le cadre du Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL). Sur les réseaux sociaux et dans différents espaces publics d’Uvira, de Sange et de Luvungi, plusieurs voix dénoncent un éventuel abandon de ces projets jugés stratégiques pour le commerce transfrontalier, la sécurité et le développement économique local, rapporte le site averticom.net.
Aucune confirmation officielle d’un abandon des projets
Malgré l’ampleur des inquiétudes, aucune source officielle n’a, jusqu’à présent, confirmé une délocalisation définitive des projets concernés. Après plusieurs vérifications, aucun document officiel ni déclaration publique des autorités compétentes n’atteste l’abandon des infrastructures prévues à Nyamoma et Rubenga.
Selon une source proche de la Banque mondiale et du gouvernement provincial, ayant requis l’anonymat, les projets n’auraient pas été supprimés mais simplement suspendus de manière temporaire en raison du contexte sécuritaire dans l’Est de la RDC. « Les populations doivent rester calmes et sereines en attendant le rétablissement total de l’autorité de l’État », affirme cette source, précisant que seul le Gouvernement central est habilité à mobiliser les partenaires techniques et financiers pour la réalisation de ces ouvrages.
Des suspensions déjà enregistrées dans d’autres zones
La même source rappelle que plusieurs activités du PFCIGL ont déjà connu des interruptions similaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À Bunagana, les activités avaient été suspendues depuis 2022, tandis que celles de la Petite Barrière de Goma avaient été arrêtées en janvier 2025. Dans le Sud-Kivu, des suspensions avaient également touché Idjwi, Bukavu et Kamanyola à partir de février 2025. Selon les explications recueillies, l’arrêt temporaire des activités à Sange et Luvungi résulterait d’un accord entre le Gouvernement congolais et la Banque mondiale afin de sécuriser les investissements engagés et préserver les ressources financières du projet.
Une reprise des travaux envisagée après stabilisation
Les autorités pourraient toutefois revoir cette décision si les conditions sécuritaires continuent de s’améliorer dans le territoire d’Uvira. Des responsables des associations de petits commerçants transfrontaliers estiment que le retrait progressif des groupes rebelles dans plusieurs localités pourrait favoriser une relance des travaux. « Ces décisions avaient été prises pendant l’occupation rebelle de Sange et Luvungi. Aujourd’hui, avec le retrait des rebelles, cette mesure peut être revue », explique un responsable associatif interrogé à Uvira.
Les populations locales continuent de considérer ces infrastructures comme essentielles pour la mobilité, les échanges commerciaux et la relance économique de la région.
Le PFCIGL poursuit d’autres projets à Uvira et Kasindi
En attendant une éventuelle reprise des activités à Nyamoma et Rubenga, le PFCIGL maintient plusieurs projets dans la région, notamment la modernisation du port de Kalundu à Uvira ; la construction du marché frontalier de Kamvivira/Kagando ; la construction du poste frontalier de Kamvivira/Gatumba. Le projet poursuit également ses activités à Kasindi, dans le Nord-Kivu, avec la construction d’un marché frontalier.
Parallèlement aux infrastructures, le programme prévoit plusieurs actions de facilitation du commerce, dont la mise en œuvre du RECOS ; la formation des agents des services frontaliers ;bla structuration des associations de petits commerçants transfrontaliers.
Une manifestation pacifique annoncée à Sange
Face aux inquiétudes persistantes, la Nouvelle Société Civile ainsi que des mouvements de jeunes de Sange prévoient une manifestation pacifique le 20 mai 2026 afin d’exiger le maintien des projets frontaliers dans leurs localités respectives. Les organisateurs considèrent ces infrastructures comme une opportunité majeure pour le développement socio-économique des populations locales et demandent aux autorités nationales de clarifier officiellement la situation afin de mettre fin aux spéculations et aux fausses informations.
La Gazette du Continent
