Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a consacré sa communication lors du Conseil des ministres du 15 mai 2026 à deux préoccupations majeures : le désordre urbanistique observé dans plusieurs villes du pays, notamment à Kinshasa, ainsi que la spoliation croissante du patrimoine immobilier de l’État destiné à l’éducation.
Le Chef de l’État a dénoncé la multiplication anarchique des constructions dans les grandes agglomérations urbaines. S’il reconnaît que cette dynamique traduit les ambitions de modernisation et le développement économique du pays, il a toutefois déploré le non-respect des normes urbanistiques, cadastrales, architecturales et environnementales.
Le chef de l’Etat a relevé que plusieurs immeubles sont construits dans des zones non appropriées, y compris à proximité d’installations sensibles de l’État, au mépris des exigences de sécurité publique et de l’harmonie urbaine. Il a également pointé l’occupation désordonnée des voies publiques par des matériaux de construction tels que sable, moellons et caillasses, une situation qui perturbe la circulation, bloque l’évacuation des eaux de pluie et accentue l’insalubrité.
Face à cette situation, le Président de la République a insisté sur la nécessité de rétablir l’ordre et l’autorité de l’État dans le secteur de l’urbanisme. Sous la coordination de la Première ministre, plusieurs membres du Gouvernement ainsi que les gouverneurs de province ont été instruits de prendre des mesures immédiates pour renforcer le contrôle dans la délivrance des permis de construire, identifier les bâtiments érigés en violation des normes, interdire les constructions menaçant la sécurité des installations publiques et mettre fin à l’occupation anarchique de la voie publique.
Le Gouvernement devra également harmoniser les interventions des services techniques et fonciers afin de limiter les autorisations irrégulières et appliquer sans complaisance les sanctions prévues contre les auteurs de constructions anarchiques. Dans un second volet, Félix-Antoine Tshisekedi a alerté sur la recrudescence des actes de spoliation des espaces appartenant à l’État et affectés aux secteurs de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.
Le Président a dénoncé l’occupation irrégulière de plusieurs terrains scolaires et universitaires par des infrastructures privées, notamment des immeubles, hôtels, restaurants, supermarchés et autres constructions commerciales. Pour le Chef de l’État, cette situation constitue une menace sérieuse pour l’avenir du système éducatif congolais, en réduisant les capacités d’accueil des établissements publics et en portant atteinte à l’autorité de l’État.
Afin de préserver ces espaces, plusieurs ministres ont été instruits de procéder à l’identification exhaustive, au bornage, à la sécurisation foncière et à la cartographie numérique de tous les sites éducatifs appartenant à l’État. Une base de données centralisée du patrimoine éducatif national devra également être constituée. Les autorités devront aussi identifier toutes les occupations irrégulières afin d’annuler les titres fonciers obtenus frauduleusement, procéder au déguerpissement des occupants illégaux et, si nécessaire, à la démolition des constructions érigées en violation de la loi.
Le ministre de la Justice a, pour sa part, été appelé à engager des poursuites judiciaires exemplaires contre les personnes impliquées dans la spoliation ou la cession frauduleuse du patrimoine éducatif public, y compris les agents et autorités complices.
Enfin, le Gouvernement est chargé de mettre en œuvre des mesures durables de protection, notamment la clôture progressive des sites exposés, l’interdiction de délivrer des permis de construire sur les espaces éducatifs sans avis préalable des ministères concernés, ainsi que le déploiement de brigades mixtes de contrôle et d’un mécanisme permanent de surveillance.
La Gazette du Continent
