Le président américain Donald Trump a déclaré ce lundi 11 mai 2026, que le cessez-le-feu conclu avec l’Iran était « en soins palliatifs », estimant que la réponse transmise par Téhéran à la proposition américaine de sortie de crise révélait des divergences profondes entre les deux parties.
« Je dirais que c’est le plus faible pour l’instant, après avoir lu ce torchon qu’ils nous ont envoyé. Je ne l’ai même pas fini de lire », a lancé Donald Trump, alors que la trêve en vigueur depuis le 7 avril apparaît de plus en plus fragilisée.
Washington avait proposé une cessation des combats avant l’ouverture de négociations plus larges sur plusieurs dossiers sensibles, notamment le programme nucléaire iranien. Mais Téhéran a posé une série de conditions, exigeant la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, où Israël combat le Hezbollah soutenu par l’Iran.
Les autorités iraniennes réclament également des réparations de guerre, la levée du blocus naval américain, des garanties contre de nouvelles attaques ainsi que la reprise des exportations pétrolières iraniennes.
Téhéran insiste par ailleurs sur sa souveraineté sur le Détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Depuis le début du conflit, ce corridor maritime est devenu l’un des principaux points de tension régionale.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a défendu lundi les exigences de son pays. « Notre demande est légitime », a-t-il déclaré.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a de son côté affirmé que les forces armées iraniennes étaient prêtes à répondre de manière décisive à tout « acte d’agression ».
Malgré le cessez-le-feu conclu début avril, plusieurs flambées de violences ont été signalées ces derniers jours autour du Détroit d’Ormuz, alimentant les craintes d’une reprise des affrontements à grande échelle.
Les tensions ont également provoqué une forte hausse des prix du pétrole. Le Brent a progressé de 2,7 %, atteignant environ 104 dollars le baril, alors que les perturbations du trafic maritime continuent d’affecter les exportations énergétiques mondiales.
Selon des données de navigation de Kpler et LSEG, seuls trois pétroliers transportant du brut ont traversé le détroit la semaine dernière avec leurs systèmes de suivi désactivés afin d’éviter d’éventuelles attaques iraniennes. Un second méthanier qatari tentait également de franchir le passage stratégique après une première traversée réalisée dans le cadre d’un accord impliquant l’Iran et le Pakistan.
Les perturbations ont également affecté la production pétrolière mondiale. D’après un sondage Reuters publié lundi, la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a atteint en avril son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans.
Aux États-Unis, le conflit suscite une défiance croissante dans l’opinion publique à quelques mois des élections nationales. Selon un sondage Reuters/Ipsos, deux Américains sur trois estiment que Donald Trump n’a pas clairement expliqué les raisons de l’entrée en guerre contre l’Iran.
Quelque 66 % des personnes interrogées, dont un tiers des électeurs républicains et une large majorité de démocrates, considèrent que les objectifs de l’implication militaire américaine n’ont pas été suffisamment clarifiés.
Sur le plan diplomatique, Washington peine également à obtenir un soutien international. Plusieurs alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord refusent d’envoyer des navires pour sécuriser le détroit sans accord de paix complet et sans mandat international.
Dans ce contexte, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan doit se rendre mardi au Qatar pour des discussions portant sur le conflit et la sécurité maritime dans le Golfe.
Les regards se tournent désormais vers la visite de Donald Trump à Pékin prévue mercredi. La question iranienne devrait figurer au centre de ses échanges avec le président chinois Xi Jinping.
Washington souhaite que la Chine utilise son influence pour pousser Téhéran à conclure un accord. Mais Esmaeil Baghaei a laissé entendre que Pékin pourrait au contraire dénoncer les « actions illégales et intimidantes » des États-Unis dans la région.
Interrogé sur l’état du conflit, Donald Trump a affirmé dimanche : « Ils sont vaincus, mais cela ne signifie pas qu’ils en ont fini. »
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui aussi, estimé que la guerre n’était pas terminée, affirmant qu’il restait « encore du travail à faire » concernant le programme nucléaire iranien, les capacités balistiques de Téhéran et ses groupes alliés dans la région.
Des affrontements persistent également dans le sud du Liban entre Israël et le Hezbollah, malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis et annoncé le 16 avril.
Tenplar Ngwadi
