Jean-Luc Habyarimana accuse certains médias français de présenter une lecture unilatérale de l’histoire du Rwanda, favorable au Front patriotique rwandais (FPR), sans véritable débat contradictoire ni rappel des conclusions judiciaires internationales. Dans une publication diffusée le 8 mai 2026 sur le réseau social X, il critique notamment les récentes interventions de Jean-François Dupaquier sur TV5MONDE Afrique et de Vincent Duclert sur RFI Afrique.
Le TPIR au cœur des critiques
Selon Jean-Luc Habyarimana, plusieurs notions évoquées dans ces interviews, notamment “l’Akazu”, le “Réseau zéro” ou encore une prétendue “mafia du génocide”, sont présentées comme des faits établis alors que le Tribunal pénal international pour le Rwanda ne les aurait jamais confirmées de manière définitive. Il rappelle que cette juridiction internationale, après plus de vingt années d’enquêtes et de procès, n’a pas démontré l’existence d’une structure criminelle centralisée correspondant à ces descriptions.
L’auteur cite notamment le procès
Bagosora et consorts, dans lequel certaines allégations liées au “Réseau zéro” ou aux “escadrons de la mort” auraient été jugées insuffisamment étayées par les magistrats du TPIR. Jean-Luc Habyarimana affirme également que plusieurs opposants politiques de l’époque avaient eux-mêmes présenté le terme “Akazu” comme un slogan politique utilisé dans le contexte des tensions partisanes du début des années 1990. Il mentionne notamment Faustin Twagiramungu, qui aurait reconnu publiquement le caractère politique de cette notion. Le texte rappelle aussi l’acquittement en appel de Protais Zigiranyirazo, souvent présenté comme l’un des piliers de cet “Akazu”.
Le silence sur les crimes attribués au FPR
Au-delà du débat historique, Jean-Luc Habyarimana déplore l’absence de discussions sur les accusations visant le FPR concernant les atteintes aux libertés politiques au Rwanda et les crimes commis en République Démocratique du Congo. Il cite notamment le Rapport Mapping de l’ONU, qui documente les violences perpétrées contre des réfugiés hutu rwandais et des populations congolaises entre 1996 et 1997.
Selon lui, les médias occidentaux devraient davantage confronter les récits historiques aux réalités politiques observées aujourd’hui au Rwanda, notamment sur les questions de pluralisme, de liberté d’expression et de réconciliation nationale.
La Gazette du Continent
