Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a animé une conférence de presse le 6 mai 2026 à Kinshasa, qu’il a qualifiée d’« exercice essentiel de dialogue direct » avec la population. D’entrée de jeu, le chef de l’État a salué le travail des journalistes congolais et étrangers, soulignant leur rôle irremplaçable dans la compréhension des enjeux nationaux et la vitalité démocratique.
Le chef de l’Etat a rendu hommage à ceux qui exercent leur métier dans des conditions difficiles, parfois au péril de leur vie, notamment dans les zones de conflit. « La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée par le pouvoir, mais une exigence démocratique », a-t-il rappelé, tout en insistant sur la responsabilité qui incombe aux professionnels des médias face aux risques de désinformation et de manipulation.
Liberté de la presse et responsabilité en temps de guerre
Dans un contexte de conflit, Félix Tshisekedi a mis en garde contre les dérives informationnelles, affirmant que la guerre se mène aussi sur le terrain médiatique.
Sans remettre en cause l’indépendance journalistique, il a appelé à un exercice responsable du métier, fondé sur l’éthique, la rigueur et la vérification des faits. Il a également souligné que le patriotisme républicain peut constituer une boussole morale pour les médias. « Informer, ce n’est pas attiser. Critiquer, ce n’est pas détruire ».
Une guerre “réelle” aux conséquences dramatiques
Le Président a ensuite évoqué la situation sécuritaire dans l’Est du pays, qualifiant le conflit en cours de « guerre injuste et imposée ». Il a rappelé qu’il s’agit d’un fait établi sur les plans juridique, militaire et humanitaire, documenté par les Nations unies et les témoignages des populations.
Il a dénoncé une guerre visant la prédation des ressources, la déstabilisation des institutions et les violations massives des droits humains. Occupation de villes, déplacements massifs, violences sexuelles et enrôlement d’enfants figurent parmi les atrocités évoquées. Félix Tshisekedi a également exprimé sa compassion aux victimes et réaffirmé son soutien aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux populations résistantes de l’Est.
Une stratégie combinant action militaire et diplomatie
Face à cette situation, le chef de l’État a défendu l’action de son gouvernement, saluant la détermination des forces armées malgré des conditions difficiles. Il a réaffirmé que la paix reste l’objectif principal, mais pas à n’importe quel prix. « Il ne s’agira jamais d’une paix de capitulation », a-t-il martelé, plaidant pour une paix juste, durable et respectueuse de la souveraineté nationale. Parallèlement à l’effort militaire, la RDC mène une offensive diplomatique visant à isoler l’agresseur, mobiliser le droit international et obtenir des sanctions ciblées.
Accords de Washington : “aucune compromission sur la souveraineté”
Le Président a également abordé les accords de Washington, au cœur de nombreuses interrogations. Il a tenu à rassurer l’opinion publique : aucun engagement pris ne porte atteinte à la souveraineté ou à l’intégrité territoriale du pays. Selon lui, ces accords visent à faire taire les armes, mettre fin au soutien aux groupes armés, sécuriser les frontières et restaurer l’autorité de l’État. « Ils ne sont ni une délégation de souveraineté, ni une transaction sur le dos du peuple congolais ».
Une RDC tournée vers un rôle stratégique en Afrique
En conclusion, Félix Tshisekedi a insisté sur l’ambition de repositionner la RDC sur la scène internationale. Le pays, longtemps perçu comme instable, aspire désormais à devenir un acteur majeur de paix, de croissance et de transition énergétique en Afrique. « La RDC n’est plus seulement un territoire de problèmes, mais une nation d’opportunités », a-t-il conclu en substance.
La Gazette du Continent
