La proposition de création de quatre nouveaux quartiers dans la commune de Lemba suscite une vive contestation. À l’origine de cette initiative, le bourgmestre Jean-Serge Poba Mayimona a saisi le Conseil municipal d’un projet visant à porter de 13 à 17 le nombre de quartiers, par la scission de certaines entités existantes.
Une démarche que rejette fermement Ben-Bryant Mbuyi. Dans une déclaration sans équivoque, l’analyste politique congolais, également leader de Lemba et candidat député provincial lors des dernières élections, dénonce une initiative qu’il juge inopportune et motivée par des calculs politiques.
Selon lui, les difficultés auxquelles fait face la commune ; insécurité, insalubrité, violence, anarchie, pénurie d’eau et d’électricité, pollution sonore, marchés pirates, inaccessibilité et défaillances administratives ne sont nullement liées au nombre ou à la taille des quartiers. Elles relèvent plutôt, affirme-t-il, d’un déficit de management, de volonté politique et d’engagement envers la population.
Ben-Bryant Mbuyi estime qu’il n’existe aucune nécessité objective de créer de nouvelles subdivisions administratives, d’autant que plusieurs quartiers actuels manquent déjà d’infrastructures de base et souffrent de dysfonctionnements persistants.
L’analyste invoque également la législation en vigueur. Il rappelle que, conformément à la loi organique sur les entités territoriales décentralisées, l’élaboration et la délibération du plan d’aménagement de la commune relèvent exclusivement du Conseil municipal. Le bourgmestre, en sa qualité de chef du Collège exécutif communal, est chargé d’en assurer l’exécution.
Au-delà de la procédure, Ben-Bryant Mbuyi s’inquiète de l’inclusion, dans la proposition, de noms déjà avancés pour les futurs quartiers, parmi lesquels figurerait celui du bourgmestre lui-même. Une perspective qu’il considère comme un conflit d’intérêts et une instrumentalisation de l’action publique à des fins personnelles.
Il évoque également la possibilité qu’un autre quartier porte le nom de André Wameso. S’il reconnaît les liens de ce dernier avec Lemba, il s’interroge sur l’absence de reconnaissance accordée à d’autres figures historiques de la commune, à l’instar de Hugo Tanzambi.
Pour Ben-Bryant Mbuyi, l’absence de nouveaux lotissements dans la commune démontre qu’aucune urgence ne justifie une telle réforme. Il voit dans cette initiative une tentative de détourner l’action publique de sa vocation première et de porter atteinte aux prérogatives des conseillers municipaux, qu’il rappelle être les représentants légitimes de la population de Lemba.
La Gazette du Continent
