La recrudescence des mouvements anti-étrangers en Afrique du Sud suscite une vive inquiétude au sein de la communauté congolaise. Dans plusieurs régions du pays, des groupes connus sous le nom de « Dudula » mènent des actions hostiles contre des migrants africains, accusés notamment d’accepter des emplois à des rémunérations jugées trop faibles.
Les ressortissants congolais figurent parmi les victimes de ce phénomène récurrent. Face à cette situation, l’ambassade de la République démocratique du Congo à Pretoria a lancé un appel à la vigilance à l’intention des Congolais vivant au KwaZulu-Natal, au Cap-Occidental ainsi que dans d’autres provinces du pays.
Dans un communiqué, la représentation diplomatique invite ses ressortissants à éviter les attroupements et toute interaction avec les manifestants. Elle recommande également de limiter les déplacements non essentiels, de suivre attentivement les informations officielles et de renforcer les mesures de sécurité autour des domiciles et des lieux d’activité.
L’ambassade appelle en outre les opérateurs économiques congolais à adapter leurs activités en fonction du contexte sécuritaire. « Les opérateurs économiques congolais sont invités à évaluer la nécessité d’ajuster leurs horaires ou de suspendre temporairement leurs activités durant les journées à risque, afin de préserver la sécurité des personnes et des biens », souligne le communiqué.
La représentation diplomatique précise par ailleurs qu’elle demeure en étroite collaboration avec les autorités sud-africaines compétentes afin d’assurer la protection des ressortissants congolais.
Depuis plus d’une semaine, de nombreuses images relayées sur les réseaux sociaux témoignent de violences physiques infligées à des migrants africains dans plusieurs localités sud-africaines. La crainte d’une extension de ces tensions à la province du Gauteng s’est accentuée à l’approche des célébrations du Freedom Day.
L’Afrique du Sud a déjà connu plusieurs vagues de violences xénophobes. En 2008, des attaques visant notamment des Zimbabwéens, Mozambicains, Nigérians, Congolais et Somaliens avaient fait plus de 60 morts à Johannesburg, au Cap et à Durban. D’autres épisodes de violences ont éclaté en 2015, 2019 et 2022, accompagnés de pillages de commerces appartenant à des étrangers africains, souvent accusés d’être impliqués dans des activités criminelles.
Tenplar Ngwadi
