Une information sensible, révélée par le The New York Times, suscite des interrogations aussi bien à Washington qu’à Kinshasa. Il s’agit bien d’un projet de transfert de 1.100 ressortissants afghans vers la République Démocratique du Congo serait à l’étude. Mais interrogé publiquement, le président américain Donald Trump affirme ne pas être au courant.
C’est en marge d’un événement organisé à la Maison Blanche, consacré à l’accès aux soins de santé, que Donald Trump a été interpellé par des journalistes. Visiblement surpris, il a répondu avec prudence que « je ne sais rien. Je dois vérifier », a-t-il déclaré, laissant transparaître un certain flou autour du dossier. Cette réaction inattendue alimente les doutes sur le niveau réel d’avancement de ce projet et sur la coordination entre les différentes institutions américaines.
Un projet lié aux anciens collaborateurs afghans
Selon les informations du New York Times, les personnes concernées seraient majoritairement des Afghans ayant collaboré avec les forces américaines pendant la guerre en Afghanistan, notamment comme interprètes ou auxiliaires. Depuis le retrait chaotique des troupes américaines en 2021, ces profils sont considérés comme particulièrement vulnérables face aux représailles des autorités talibanes. Leur relocalisation constitue depuis lors un enjeu humanitaire et politique majeur pour les États-Unis, confrontés à des retards dans les procédures de visas et à une pression croissante des organisations de défense des droits humains.
Silence officiel à Kinshasa et Washington
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été donnée ni par le Département d’État américain ni par les autorités congolaises. Du côté de Kinshasa, l’absence de réaction de la présidence entretient les spéculations sur d’éventuelles discussions discrètes entre les deux pays. Un tel accord, s’il venait à être confirmé, soulèverait plusieurs questions, notamment les conditions d’accueil en RDC, les garanties sécuritaires pour les réfugiés, ainsi que les implications politiques et sociales pour le pays hôte.
Le dossier des réfugiés afghans reste particulièrement délicat aux États-Unis depuis le retrait militaire de 2021. Toute décision de transfert vers un pays tiers, surtout en Afrique, pourrait susciter des critiques, tant sur le plan humanitaire que diplomatique. Pour la RDC, qui fait déjà face à d’importants défis sécuritaires et socio-économiques, l’accueil d’un tel contingent de réfugiés représenterait un enjeu logistique et politique de taille.
À ce stade, ni les modalités concrètes, ni le calendrier éventuel, ni les mécanismes de prise en charge ne sont connus. En attendant des clarifications officielles, cette affaire continue de susciter interrogations et prudence des deux côtés de l’Atlantique.
La Gazette du Continent
