C’est un signal fort pour la stabilisation de l’est de la RDC. Dans le cadre feutré de Montreux, sous l’égide d’une médiation internationale d’envergure incluant le Qatar, les États-Unis, le Togo (pour l’Union africaine), la Suisse et l’UA, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont jeté les bases d’un protocole crucial sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire.
Ce texte s’inscrit dans la lignée du cadre de Doha pour un accord de paix global, signé le 15 novembre 2025.
L’un des points névralgiques de ce communiqué conjoint, publié ce 18 avril, réside dans l’engagement des parties à épargner les civils et les infrastructures vitales. Le gouvernement congolais et l’AFC/M23 se sont accordés sur la protection rigoureuse des zones agricoles, des réseaux d’eau potable, des télécommunications, ainsi que des établissements hospitaliers et scolaires.
Les deux camps se sont engagés à garantir un accès « rapide, sans entrave, sûr et durable » aux acteurs humanitaires. Plus encore, ils ont affirmé leur volonté de ne pas interférer dans la sélection des bénéficiaires de l’aide, laquelle devra être distribuée sans distinction d’ethnie, de religion ou d’appartenance politique. Un volet médical spécifique prévoit également l’évacuation sans délai des blessés et des malades dans les zones de conflit.
Sur le plan sécuritaire, les négociations de Montreux ont permis d’aboutir à l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), en collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Ce dispositif doit permettre au Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (COVM) de débuter ses activités sur le terrain.
Signe d’une volonté d’accélération, les premières missions de vérification devraient être lancées d’ici une semaine, bénéficiant du soutien logistique de la Monusco.
Pour consolider la confiance mutuelle, une libération de prisonniers est prévue dans un délai de 10 jours, conformément au mécanisme signé en septembre 2025. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déjà fourni les listes nécessaires à cette opération.
Bien que d’autres protocoles restent à négocier, les deux parties ont exprimé leur volonté de maintenir la dynamique actuelle. En saluant le soutien « indéfectible » de la communauté internationale, Kinshasa et l’AFC/M23 semblent, pour l’heure, privilégier la voie du dialogue pour mettre fin à l’instabilité qui ronge la région des Grands Lacs.
Tenplar Ngwadi
