Une vague d’indignation secoue la province du Sankuru, en République Démocratique du Congo, après la découverte de près de 400 000 doses d’antipaludéens périmées dans l’entrepôt du Centre de distribution régional des médicaments (CDR) à Lodja. Ces médicaments, réceptionnés en novembre 2024, n’ont jamais été distribués à la population, suscitant des appels pressants à une enquête.
Selon des sources proches du dossier, une mission d’enquête en provenance de Kinshasa est attendue dans les prochains jours pour élucider les circonstances ayant conduit à la perte de ce stock stratégique. Le paludisme demeure, en effet, l’une des principales causes de mortalité dans cette région.
Le médecin chef de division provinciale de la santé a expliqué que les lots avaient été placés en quarantaine dès leur arrivée en novembre 2024, dans l’attente d’une autorisation d’utilisation. Pendant cinq mois, aucune dose n’a pu être sortie de l’entrepôt, bloquant de fait toute distribution.
La situation s’est complexifiée lorsque CHEMONICS, l’organisation internationale chargée de l’expédition, a instruit le CDR de ne distribuer aucun médicament. Cette directive aurait été émise en application d’un décret de l’ancien président américain Donald Trump, suspendant l’aide étrangère et humanitaire. La levée de cette mesure n’est intervenue qu’en octobre 2025, soit 11 mois après l’entreposage initial, à un moment où les produits approchaient déjà de leur date de péremption.
Face à ce « grave dysfonctionnement », l’administrateur du territoire intérimaire de Lodja a lancé un appel à l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités. Un sentiment partagé par Anyeme Djonga, président de la Société civile révolutionnaire du Sankuru, qui dénonce une « négligence inacceptable » dans un contexte de forte vulnérabilité sanitaire.
Tenplar Ngwadi
