Un député a été sanctionné pour une initiative controversée par son groupe parlementaire. Le député national Laddy Yangotikala Senga traverse une zone de turbulences politiques après avoir été temporairement exclu du regroupement politique AB.
Cette décision fait suite à son implication dans une pétition visant le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, une démarche jugée contraire à la discipline interne du regroupement.
Dans une correspondance officielle signée le 14 avril 2026 par le Secrétariat exécutif national de la plateforme politique « Dynamique Agissons et Bâtissons », les responsables du regroupement reprochent à l’élu de Kisangani d’avoir violé le principe de solidarité qui régit les membres de l’Union sacrée de la Nation.
Une pétition au cœur de la discorde
À l’origine de cette crise, une pétition initiée par le député Yangotikala Senga contre le VPM en charge de l’Intérieur. Cette démarche parlementaire s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la gestion sécuritaire et administrative du pays, particulièrement en lien avec la protection des citoyens et des électeurs. Pour ses détracteurs au sein du regroupement AB, cette initiative constitue une rupture de cohésion politique, d’autant plus que l’Union sacrée de la Nation prône une action concertée entre ses membres, notamment lorsqu’il s’agit d’interpeller un membre du gouvernement issu de la même majorité.
La réaction de Yangotikala : entre défense constitutionnelle et liberté d’action
Face à cette sanction, Laddy Yangotikala Senga ne décolère pas, mais assume pleinement sa position sur sa page Facebook. Dans une déclaration publique, il affirme prendre acte de son exclusion tout en revendiquant la légitimité de son action. « Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait qu’exercer mon pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement », a-t-il déclaré.
Le député va plus loin en remerciant le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, pour lui avoir permis, selon ses termes, d’exercer librement ses prérogatives parlementaires. Il insiste également sur le fait que sa démarche visait à « protéger les électeurs du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi ».
Une exclusion temporaire en attendant une décision finale
Dans sa lettre, le regroupement AB précise que cette exclusion est provisoire, en attendant une décision définitive du Bureau politique. Cette instance devra statuer sur le sort final du député, tout en réaffirmant sa désolidarisation vis-à-vis de son initiative. La correspondance, adressée à plusieurs autorités politiques dont la Haute Autorité de l’Union sacrée et le présidium du regroupement, souligne la volonté de maintenir la cohésion interne face à des actions jugées individuelles.
Vers une fracture au sein de la majorité ?
Cette affaire met en lumière les tensions latentes au sein de la majorité présidentielle en République Démocratique du Congo. Entre discipline partisane et liberté d’action parlementaire, le cas Yangotikala Senga pose une question de fond : jusqu’où un élu peut-il exercer son pouvoir de contrôle sans s’exposer à des sanctions politiques ? Alors que la décision finale du regroupement AB est attendue, cette crise pourrait bien raviver le débat sur l’équilibre entre loyauté politique et responsabilité institutionnelle au sein de l’Union sacrée de la Nation.
La Gazette du Continent
