La République démocratique du Congo (RDC) accélère la cadence pour valoriser son immense potentiel ferrifère. Le lundi 13 avril 2026, à la « salle bleue » de l’Immeuble Intelligent de Kinshasa, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé une réunion stratégique avec les délégués de la future Commission interministérielle du projet MIFOR (Mines de Fer de la Grande Orientale).
Cette rencontre marque un tournant dans la structuration d’un mégaprojet conçu pour devenir le moteur de la transformation structurelle et de l’industrialisation du pays.
L’enjeu est de taille : avec des réserves estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes de fer, la RDC se positionne désormais parmi les plus grands détenteurs mondiaux de cette ressource. Pour le ministre Watum Kabamba, le projet MIFOR ne doit pas se limiter à l’extraction, mais doit favoriser le développement d’infrastructures, générer des recettes durables et renforcer la stabilité macroéconomique du pays.

La vision globale présentée lors des travaux détaille une architecture technique et logistique ambitieuse. Le projet table sur une production initiale de 50 millions de tonnes par an, avec une capacité d’extension pouvant atteindre 300 millions de tonnes.
Le volet infrastructure constitue l’épine dorsale de cette initiative. Le programme prévoit la construction d’une ligne ferroviaire majeure reliant Bunia, dans l’est du pays, au port de Banana, sur la côte atlantique. Ce déploiement logistique sera couplé à des investissements énergétiques d’envergure.
Plus innovant encore, le projet MIFOR ambitionne de donner naissance à une industrie sidérurgique nationale tournée vers la transition écologique. Le plan prévoit notamment la production d’« acier vert », en exploitant les ressources gazières du lac Kivu.

Sur le plan du modèle économique, le ministre des Mines a insisté sur un équilibre stratégique : le recours aux partenariats public-privé (PPP) pour les activités industrielles, tout en garantissant la souveraineté absolue de l’État sur les infrastructures de base.
Cette coordination interinstitutionnelle s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, le gouvernement mise sur ce projet structurant pour faire du secteur minier un véritable moteur de croissance durable et inclusive pour les décennies à venir.
Tenplar Ngwadi
