Le silence est désormais rompu. Par un communiqué publié le lundi 06 avril 2026, le ministère camerounais des Relations extérieures a révélé avoir été informé par Moscou, via une note verbale datée du 5 mars, du décès de seize Camerounais.
Ces derniers, présentés comme des militaires contractuels, ont péri dans la « zone d’opération militaire spéciale », la terminologie officielle utilisée par le Kremlin pour désigner la guerre en Ukraine.
L’objectif de cette communication officielle entre les deux capitales est de permettre aux autorités camerounaises de prendre attache avec les familles des défunts. Si l’existence de ces combattants était jusqu’ici un secret de polichinelle, c’est la première fois que le gouvernement de Paul Biya reconnaît officiellement des pertes humaines dans ce conflit.
Le recrutement de combattants étrangers pour soutenir l’effort de guerre russe n’est pas nouveau. En février dernier, le collectif d’investigation All Eyes on Wagner avait déjà mis en lumière cette filière. Selon les données disponibles, le Cameroun apparaît comme le deuxième pays le plus touché par ces pertes humaines, juste derrière l’Égypte.
Les chiffres sont alarmants : sur plus de 335 ressortissants camerounais identifiés comme contractuels au sein de l’armée russe, au moins 96 auraient déjà perdu la vie. Ces hommes présentent des profils variés : il s’agit souvent d’anciens militaires ou de civils attirés par des promesses de rémunérations attractives ou d’emplois stables. Toutefois, plusieurs sources évoquent également des cas d’enrôlement forcé.
Cette situation suscite un mécontentement grandissant parmi les États africains. Le sort des ressortissants enrôlés dans l’armée russe devient un dossier diplomatique brûlant. À cet égard, le Kenya fait figure d’exception : Nairobi a récemment réussi à obtenir de Moscou la fin de l’enrôlement de ses citoyens.
Au Cameroun, la publication de cette liste marque une étape cruciale dans la prise de conscience nationale du prix payé par sa jeunesse sur un front lointain, au service d’une armée étrangère.
Tenplar Ngwadi
