C’est un tournant budgétaire historique. Vendredi 03 avril, la Maison Blanche a publié des documents révélant que Donald Trump sollicite une augmentation d’environ 50 % du budget de la défense pour l’année 2027. Si le Congrès valide cette proposition, les ressources allouées au Pentagone passeraient de 1 000 milliards de dollars cette année à 1 500 milliards l’an prochain.
Préparé par Russ Vought, le directeur du budget, ce projet de loi de finances n’a pas encore force de loi, mais il fixe le cap de l’administration. Il servira de base de travail aux deux chambres du Congrès pour l’élaboration du budget définitif.
Cette escalade budgétaire n’est pas une surprise : elle avait été annoncée par le président avant même l’entrée en guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. L’objectif affiché par le document budgétaire est clair : « Le président Trump s’engage à reconstruire notre armée afin d’assurer la paix par la force ».
S’exprimant mercredi lors d’un événement privé à la Maison Blanche, avant une allocution sur le conflit avec l’Iran, Donald Trump a réaffirmé que l’effort militaire était la priorité absolue, quitte à engager un bras de fer avec les parlementaires.
Pour soutenir ce financement massif, l’administration Trump prévoit une réduction de 10 % des dépenses hors défense. La stratégie consiste à transférer la charge de plusieurs services publics essentiels aux États fédérés et aux collectivités locales.
Le président a été particulièrement explicite sur les arbitrages à venir : « Nous sommes en guerre. Nous ne pouvons pas nous occuper des crèches », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’était plus possible pour le niveau fédéral de prendre en charge des programmes tels que Medicaid ou Medicare. « Les États peuvent s’en occuper, pas le niveau fédéral », a tranché le locataire de la Maison Blanche.
Ce projet budgétaire dessine ainsi une Amérique privilégiant sa puissance de frappe mondiale au détriment de son filet de sécurité sociale traditionnel.
Tenplar Ngwadi
