C’est un signal fort envoyé par la République démocratique du Congo (RDC) à la communauté internationale et à son voisin rwandais. Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont officiellement lancé une campagne de désarmement visant les FDLR, cette milice composée en partie d’anciens membres de l’armée rwandaise et de miliciens impliqués dans le génocide de 1994.
Cette annonce, intervenue le dimanche 29 mars 2026, marque une étape cruciale pour la mise en œuvre de l’accord de paix négocié sous l’égide des États-Unis en juin dernier. Elle survient seulement deux semaines après une rencontre de haut niveau à Washington entre responsables congolais et rwandais, et quelques semaines après que le Trésor américain a sanctionné les forces de défense rwandaises (RDF) pour leur soutien aux rebelles du M23.
Le lieutenant-général Nduru Jacques Ychaligonza, chef d’état-major adjoint des FARDC, a été dépêché à Kisangani, dans le nord-est du pays, pour coordonner les préparatifs de ces opérations. « Ils doivent rendre les armes, de gré ou de force », a-t-il déclaré avec fermeté, tout en privilégiant, dans un premier temps, la voie de la persuasion. « Nous ne voulons pas de bain de sang », a-t-il précisé.
Un centre d’accueil a été spécifiquement mis en place à Kisangani pour recevoir les combattants qui accepteraient de déposer les armes. Selon le plan de l’armée, ces derniers ont vocation à être, à terme, rapatriés vers le Rwanda.
La neutralisation des FDLR est, depuis des années, la condition sine qua non posée par Kigali pour toute normalisation des rapports avec Kinshasa. Le Rwanda accuse régulièrement la RDC de collaborer avec ce groupe armé sur le terrain, tandis que le gouvernement congolais dénonce le soutien rwandais au M23, qui occupe de vastes portions du Nord-Kivu.
Sur le front du M23, des mouvements ont également été observés. Le gouverneur de la province a rapporté que les rebelles s’étaient retirés d’une douzaine de villages dans le territoire de Lubero ces derniers jours. Une information nuancée par le porte-parole du mouvement rebelle, qui a évoqué sur les réseaux sociaux une simple « rotation de troupes de routine ».
Ce tournant opérationnel est le fruit d’une intense activité diplomatique américaine. L’accord de paix signé à Washington en juin dernier prévoyait un double engagement : le démantèlement des FDLR par Kinshasa et le désengagement des forces rwandaises par Kigali. Si les combats n’ont jamais totalement cessé sur les différents fronts, l’initiative lancée à Kisangani pourrait offrir une bouffée d’oxygène à un processus de paix jusqu’ici fragilisé par la méfiance mutuelle.
Tenplar Ngwadi
