Le Secrétariat général aux Affaires étrangères, à travers son représentant, a procédé le 31 mars 2026 à Kinshasa à la clôture d’un atelier stratégique consacré à la diplomatie minière en République Démocratique du Congo.
Ces assises avaient pour objectif de renforcer la cohérence entre gouvernance minière, diplomatie économique et développement national, en réunissant les principales parties prenantes autour d’un cadre structuré d’échanges et de production d’idées.
Des recommandations concrètes pour une diplomatie proactive
Clôturant les travaux au nom du Secrétaire général empêché, le directeur-chef de service Jules Nzengu Mishinga a salué la qualité des contributions et l’engagement des participants. « Vos échanges ont permis de transformer une ambition théorique en une feuille de route concrète pour notre pays ».
Durant deux jours, les participants ont analysé les défis liés à la transparence, exploré les enjeux de la diplomatie climatique et posé les bases d’une meilleure coordination interinstitutionnelle.
Les recommandations adoptées portent notamment sur la traçabilité des revenus miniers, la transparence dans l’octroi des permis et l’intégration de la RDC dans les chaînes de valeur mondiales. Elles constituent désormais le socle d’une diplomatie minière proactive, capable de concilier souveraineté nationale et attractivité des investissements responsables.
Le représentant du Secrétaire général a également salué l’implication de l’Association Bon Regard (BREG) et de l’ONG internationale Natural Resource Governance Institute (NRGI), soulignant l’importance d’un partenariat durable entre l’État, la société civile et les partenaires techniques. Selon lui, ce modèle de collaboration reste essentiel pour promouvoir une gouvernance minière exemplaire en RDC.
Au-delà des engagements, l’heure est désormais à l’action. « La diplomatie minière n’est pas un exercice de salon, mais un combat quotidien pour le développement durable », a insisté Jules Nzengu, appelant au patriotisme et à l’engagement collectif.
BREG plaide pour une transformation structurelle du secteur
Le président de l’Association Bon Regard, Thomas Tshikos Wembi, a exprimé sa reconnaissance envers les partenaires techniques et institutionnels pour leur appui. Il a salué la richesse des échanges qui ont permis de dégager des orientations stratégiques claires. Selon lui, une diplomatie minière efficace repose avant tout sur une gouvernance forte, cohérente et visionnaire.
Il a également insisté sur la nécessité pour la RDC de dépasser son rôle de simple exportateur de matières premières. Le pays doit désormais transformer ses ressources naturelles, créer de la valeur ajoutée, générer des emplois et bâtir une économie résiliente.
Renforcer les négociations et développer les industries locales
Dans un contexte mondial marqué par les défis climatiques et énergétiques, les participants ont souligné l’importance de renforcer les capacités de négociation stratégique, notamment en matière d’environnement et de climat. La diplomatie est ainsi appelée à jouer un rôle central, en tant que levier de défense des intérêts nationaux et de promotion d’un développement équilibré.
Par ailleurs, la consolidation de partenariats stratégiques en vue de développer des industries locales s’impose comme une priorité. L’objectif est de passer de l’extraction à la transformation pour une économie plus compétitive.
Transformer les idées en actions concrètes
L’Association Bon Regard s’est engagée à porter les recommandations issues de l’atelier auprès des instances compétentes et à contribuer à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle. Les participants ont unanimement appelé à poursuivre les efforts dans un esprit de collaboration, de transparence et d’engagement, afin de faire de la diplomatie minière un véritable levier de souveraineté et de développement pour la République démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
