Face à la propagation de la 17ème épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) intensifie ses interventions dans la province du Nord-Kivu.
En collaboration avec le ministère de la Santé, l’organisation a ouvert un nouveau Centre de traitement Ebola (CTE) à Beni. Cette nouvelle structure vise à permettre une prise en charge plus rapide des patients, à renforcer le suivi des contacts et à appuyer les autorités sanitaires dans leurs efforts pour contenir la propagation du virus.
Déclarée le 15 mai 2026, cette épidémie s’est étendue à six provinces, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Au 22 août, plus de 5.514 cas confirmés et 2.642 décès confirmés avaient été rapportés.
Selon MSF, il s’agit désormais de la plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC et de celle qui connaît la propagation la plus rapide dans le pays. Si l’Ituri concentre la majorité des cas, les villes de Beni et Butembo restent fortement touchées. Au Nord-Kivu, 714 cas confirmés et 490 décès avaient été enregistrés au 22 août 2026.
Chaque heure compte
MSF soutient déjà la riposte sanitaire au Nord-Kivu, notamment à travers un CTE et des centres d’isolement à Butembo. L’ouverture du nouveau centre de Beni doit permettre de réduire les délais de prise en charge dans l’une des zones les plus affectées.
« Chaque heure compte dans la lutte contre la maladie à Ebola. Un diagnostic et un traitement précoce dès l’apparition des premiers symptômes augmentent significativement les chances de survie des patients, tout en réduisant le risque de transmission au sein des familles et des communautés », souligne Albert Stern, coordinateur des urgences de MSF.
Maintenir les autres soins de santé
Pour MSF, la riposte contre Ebola ne doit cependant pas interrompre les autres services médicaux essentiels. La crainte de contracter le virus dans les établissements de santé, alimentée par certaines rumeurs, peut pousser des patients à éviter les structures sanitaires.
Cette situation expose notamment les personnes souffrant du paludisme, des infections respiratoires ou d’autres pathologies, ainsi que les femmes enceintes, à des complications pouvant être graves. L’organisation renforce également les soins de santé généraux dans les zones concernées, en collaboration avec les communautés locales, afin de maintenir l’accès aux services essentiels.
Des soins gratuits dans quatre centres de santé
À Beni, MSF propose des consultations gratuites et des soins médicaux dans quatre centres de santé. Il s’agit de Kanzulinzuli, Malepe, Madrandele et Kasabinyole. Dix-huit salles d’isolement sont actuellement opérationnelles, tandis que cinq autres sont en cours de construction à Kasabinyole.
Ces espaces permettent d’hospitaliser rapidement les patients présentant des symptômes de maladies courantes ou compatibles avec Ebola, tout en assurant leur isolement dans des conditions dignes. Les patients bénéficient également d’une alimentation adaptée et peuvent maintenir un contact avec leurs proches dans le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections.
Une attention particulière aux femmes enceintes
La prise en charge des femmes et des filles enceintes constitue également une priorité. MSF soutient les services de santé sexuelle et reproductive dans les centres de santé appuyés à Beni et travaille à améliorer les conditions de sécurité des accouchements pendant cette période d’épidémie.
Les communautés au cœur de la riposte
Au-delà de la prise en charge médicale, MSF mise sur l’implication des communautés locales. Avec les leaders communautaires, les représentants locaux et les organisations de la société civile, ses équipes mènent des actions de sensibilisation sur Ebola, les mesures de prévention et l’importance d’une consultation rapide en cas de symptômes.
Cette collaboration doit également faciliter l’identification précoce des cas et leur orientation vers les structures sanitaires appropriées.
Une riposte combinée
À Beni comme dans les autres zones affectées du Nord-Kivu, MSF entend ainsi combiner traitement des patients, isolement, renforcement des soins de santé généraux et mobilisation communautaire.
L’objectif reste de soutenir les autorités sanitaires dans la maîtrise de la propagation du virus, tout en garantissant à la population un accès continu aux soins essentiels et en maximisant les chances de survie des personnes touchées.
La Gazette du Continent
