Au lendemain des sanctions américaines visant Joseph Kabila, plusieurs voix de la société civile congolaise se font entendre pour analyser la trajectoire de l’ancien président. Parmi elles, celle de Carbone Beni, président du mouvement Parole en action pour l’émergence de la République (PACTE), connu pour ses prises de position critiques sur la gouvernance et les dérives politiques en République Démocratique du Congo.
« Chassez le naturel… »
Avec le parcours de Joseph Kabila, dix-huit ans au pouvoir, un départ relativement jeune à 49 ans, tout semblait pourtant réuni pour une reconversion réussie. Malgré les controverses liées au glissement électoral, l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, disposait d’un boulevard pour s’imposer comme une figure de sagesse africaine, une référence capable d’inspirer les générations futures.
Le quatrième président de la RDC pouvait prétendre à un rôle d’ancien président influent, invité dans les grandes conférences internationales pour partager son expérience sur la paix, la transition démocratique et la stabilité. À l’image de Macky Sall, il aurait pu fréquenter les cercles diplomatiques de haut niveau, voire s’imposer dans les couloirs des institutions internationales. Mais, comme le dit l’adage, le naturel revient au galop.
Au lieu de capitaliser sur son statut et son héritage politique, l’ancien président Kabila semble, selon ses détracteurs, avoir renoué avec des pratiques qui ont marqué son passé, à savoir les réseaux parallèles, les stratégies opaques et les influences indirectes dans les dynamiques sécuritaires. Dès lors, une question s’impose dans le débat public : le costume d’homme d’État correspondait-il réellement à l’ancien rebelle ? Pour certains observateurs, la réponse tient en une formule simple, c’était peut-être plus fort que lui.
La Gazette du Continent
