Édouard Balladur est décédé lundi à Paris à l’âge de 97 ans. Figure des principales formations gaullistes successives, il avait occupé le poste de Premier ministre de François Mitterrand durant la deuxième cohabitation, du 29 mars 1993 au 17 mai 1995.
Son parcours politique reste notamment marqué par sa longue proximité avec Jacques Chirac, dont il fut présenté comme « l’ami de trente ans » avant de devenir son rival lors de l’élection présidentielle de 1995.
Lors de ce scrutin, Édouard Balladur avait terminé troisième au premier tour, derrière le socialiste Lionel Jospin et Jacques Chirac, finalement élu président de la République. Cette défaite avait mis fin à ses ambitions présidentielles. Son appel « Je vous demande de vous arrêter », lancé à ses partisans qui huaient le nom de Jacques Chirac après l’annonce de son élimination, est resté célèbre.
Une entrée au gouvernement en 1986
Édouard Balladur avait fait son entrée au premier plan de la vie politique française en 1986. Après la victoire de la droite aux élections législatives, Jacques Chirac, alors Premier ministre, l’avait nommé ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et des Privatisations dans le premier gouvernement de cohabitation.
Il s’était ensuite imposé comme une personnalité importante de la droite française avant d’accéder à Matignon en 1993.
Après son échec à la présidentielle de 1995, il avait été réélu député de Paris à plusieurs reprises jusqu’en 2007, sans toutefois retrouver les plus hautes fonctions de l’État. De 2002 à 2007, il avait présidé la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Fin 2006, à l’âge de 77 ans, Édouard Balladur avait annoncé son retrait de la vie politique active. En 2010, il avait également décliné une proposition de Nicolas Sarkozy, son ancien protégé devenu président de la République, de rejoindre le Conseil constitutionnel.
Soupçonné dans l’affaire Karachi puis relaxé
La fin de son parcours politique avait également été marquée par une procédure judiciaire. En 2017, Édouard Balladur avait été mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi, la justice le soupçonnant d’avoir contribué au financement de sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions liées à des contrats d’armement avec le Pakistan.
Il avait finalement été relaxé en 2021. Son ancien ministre de la Défense, François Léotard, avait, lui, été condamné à deux ans de prison avec sursis dans cette affaire.
Avec la disparition d’Édouard Balladur, la France perd l’une des figures politiques majeures de la droite de la fin du XXᵉ siècle, qui aura notamment marqué la période des deux cohabitations sous la présidence de François Mitterrand.
Tenplar Ngwadi
