L’opposant congolais Martin Fayulu rejette catégoriquement les consultations populaires annoncées dans le cadre du processus de Dialogue national voulu par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans une déclaration, il accuse le chef de l’État de chercher à contourner un dialogue national inclusif au profit d’une démarche qui viserait, selon lui, à préparer l’opinion au changement de Constitution.
« Nous opposons un NON CATÉGORIQUE aux prétendues consultations populaires de M. Félix Tshisekedi », a déclaré Martin Fayulu. Selon lui, le président de la République refuserait un véritable dialogue national inclusif et privilégierait une démarche destinée à recueillir puis à « édulcorer » la voix de la base afin de fabriquer un prétendu plébiscite en faveur d’un changement de Constitution.
L’opposant affirme que les Congolais ne seraient pas dupes face à cette démarche. « La volonté populaire ne se trafique pas », soutient-il, avant de réaffirmer son opposition à toute perspective de troisième mandat : « Pas de troisième mandat ».
Félix Tshisekedi défend un dialogue conduit par les Congolais
Dans son adresse à la Nation du jeudi 27 août, Félix Tshisekedi a annoncé la convocation d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Le chef de l’État présente ce processus comme une initiative souveraine devant être conçue et conduite par les Congolais sur le territoire national, avec pour priorité la défense des intérêts de la République.
Selon Félix Tshisekedi, le dialogue doit permettre de dépasser les clivages politiques, idéologiques et communautaires afin de s’attaquer aux causes profondes des crises que traverse le pays. Il appelle ainsi à placer la défense de la République, la consolidation de la paix, la préservation de l’unité nationale et la protection des intérêts stratégiques au-dessus des intérêts particuliers.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra », a déclaré le président congolais, appelant à faire primer l’intérêt supérieur de la Nation sur les divergences politiques et les appartenances particulières.
Le pluralisme démocratique maintenu, selon le chef de l’État
Félix Tshisekedi a toutefois précisé que la recherche de la cohésion nationale ne devait pas signifier la disparition des différences ou l’abandon du pluralisme démocratique.
Le président congolais estime que les divergences doivent pouvoir s’exprimer librement, à condition qu’elles ne remettent pas en cause l’unité républicaine.
« Si la démocratie nous autorise à nous opposer, la patrie, elle, nous interdit de nous déchirer », a-t-il affirmé.
Alors que le chef de l’État présente son initiative comme un cadre destiné à rechercher des réponses aux crises du pays, Martin Fayulu en conteste la démarche et maintient son opposition à toute évolution qui pourrait ouvrir la voie à un changement de Constitution ou à un troisième mandat.
Tenplar Ngwadi
