Le débat autour du Dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se poursuit en République démocratique du Congo. Nicolas Kazadi, député national et ancien ministre des Finances, a réagi au communiqué de la coalition C64, qui s’est prononcée contre l’initiative présidentielle.
Dans une déclaration publiée sur son compte X, Nicolas Kazadi estime que la réaction du C64 « surprend davantage par les intentions qu’il prête au Chef de l’État que par les arguments qu’il avance ».
Pour l’ancien ministre des Finances, le débat peut légitimement porter sur le principe du dialogue, sa méthode, son caractère inclusif, ses garanties ou encore ses modalités d’exécution. Il considère toutefois que cette discussion doit partir des éléments effectivement annoncés par le président de la République.
Nicolas Kazadi rappelle à cet égard que Félix Tshisekedi a proposé un dialogue national précédé de consultations dans les 26 provinces. Le processus doit associer la majorité, l’opposition, la société civile, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les milieux économiques, les universitaires ainsi que la diaspora.
Il souligne également que le chef de l’État a assuré que cette démarche ne remettrait pas en cause le choix exprimé par les urnes ni les institutions en place, lesquelles doivent exercer leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
« Rien dans cette allocution » sur un troisième mandat
Nicolas Kazadi rejette par ailleurs les accusations relatives à un éventuel « troisième mandat » et à la « balkanisation » de la RDC. Selon lui, aucune de ces intentions ne ressort de l’adresse présidentielle du 27 août.
« Rien dans cette allocution ne permet d’étayer de telles accusations », affirme-t-il, estimant au contraire que le discours du chef de l’État était centré sur la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’État.
Tout en reconnaissant à l’opposition son rôle dans le fonctionnement démocratique et la légitimité de la critique, le député national appelle à privilégier un débat fondé sur les faits plutôt que sur les procès d’intention.
« La démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer », écrit-il, avant d’ajouter : « Transformer des procès d’intention en arguments affaiblit la critique. Le Congo mérite un débat politique à la hauteur des défis qu’il traverse. »
Tshisekedi défend un dialogue centré sur les intérêts de la République
Le président Félix Tshisekedi a annoncé, dans son adresse à la Nation du jeudi 27 août, la convocation d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Présenté comme une initiative souveraine, le processus doit, selon le chef de l’État, être conçu et conduit par les Congolais sur le territoire national, avec pour priorité la défense des intérêts de la République.
Félix Tshisekedi souhaite que ce dialogue permette de dépasser les clivages politiques, idéologiques et communautaires afin de s’attaquer aux causes profondes des crises que traverse le pays.
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de placer la défense de la République, la consolidation de la paix, la préservation de l’unité nationale et la protection des intérêts stratégiques au-dessus des intérêts particuliers.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra », avait-il déclaré, appelant ainsi les Congolais à faire primer l’intérêt supérieur de la Nation sur leurs divergences politiques et leurs appartenances particulières.
Tenplar Ngwadi
