L’assainissement de la ville de Kinshasa passe désormais par une meilleure coordination entre les différentes structures engagées dans la lutte contre l’insalubrité.
Dans cette perspective, le coordonnateur de la Task Force du Service national, le général Jean-Pierre Kasongo Kabwit, a réuni le samedi 29 août 2026 les bourgmestres des communes de la capitale pour une première prise de contact.
Cette rencontre avait pour objectif de définir les mécanismes de collaboration entre la Task Force, les services de la ville et les administrations communales, afin d’éviter les chevauchements et de rendre les opérations d’assainissement plus efficaces.
Éviter les chevauchements et travailler dans un même cadre
Devant les responsables communaux, le général Kasongo a insisté sur la nécessité d’établir un cadre de collaboration clair entre les différentes équipes présentes sur le terrain.
Il a expliqué que la Task Force intervient dans la capitale en accompagnement des actions menées par la ville et les communes. Selon lui, les éléments du Service national déployés à Kinshasa ne sont pas là pour se substituer aux services provinciaux ou communaux, mais pour apporter leur contribution à l’effort collectif d’assainissement.
L’objectif, a-t-il souligné, est que les différentes unités puissent travailler dans la complémentarité et que les résultats obtenus bénéficient durablement à la population.
Des difficultés constatées sur le terrain
Le coordonnateur de la Task Force a également évoqué certaines difficultés rencontrées lors des interventions dans les communes.
Il arrive, selon lui, que les équipes du Service national procèdent à des travaux d’assainissement dans une zone avant de constater, après leur départ, que certains efforts peuvent être remis en cause par des pratiques ou interventions ultérieures.
Pour éviter ce genre de situation, le général Kasongo Kabwit estime indispensable que les équipes de la Task Force puissent échanger directement avec les responsables communaux afin de mieux comprendre les réalités de chaque entité et d’adapter les interventions aux besoins locaux.
Les bourgmestres appelés à jouer un rôle central dans la sensibilisation
Au-delà des opérations physiques d’assainissement, le général Kasongo Kabwit a placé la sensibilisation de la population au cœur de la stratégie.
Il estime que les campagnes menées à travers les médias, bien qu’importantes, ne suffisent pas à elles seules à changer durablement les comportements.
Les bourgmestres, en raison de leur connaissance des réalités de leurs communes et de leurs relais administratifs locaux, sont donc appelés à contribuer activement à cette sensibilisation.
L’implication des chefs de quartiers et des autres responsables locaux devrait permettre de rapprocher le message des habitants et de favoriser leur appropriation des opérations d’assainissement.
Des bâtisseurs formés pour plusieurs métiers
Le général Kasongo Kabwit a par ailleurs apporté des précisions sur les capacités des équipes du Service national communément appelées « bâtisseurs ».
Il a rappelé que ces derniers n’ont pas été initialement formés pour nettoyer la ville de Kinshasa. Ils ont été professionnalisés dans plusieurs domaines afin d’accomplir des travaux spécifiques.
Parmi les spécialités évoquées figurent notamment les ouvriers agricoles, les opérateurs de machines agricoles, les menuisiers, les charpentiers et les peintres…
Leur présence à Kinshasa s’inscrit donc, selon lui, dans une mission décidée par le commandant suprême pour répondre aux besoins du moment. Leur déploiement dans la capitale n’est pas nécessairement permanent et pourrait prendre fin lorsque les autorités compétentes décideront de les affecter à d’autres missions, notamment en milieu rural.
Préparer la pérennisation des acquis
C’est justement cette perspective qui pousse la Task Force à rechercher une collaboration renforcée avec les autorités provinciales et communales.
Pour le général Kasongo Kabwit, il est essentiel que les efforts réalisés par les bâtisseurs puissent être maintenus même après leur éventuel départ de Kinshasa.
La responsabilité de la propreté de la capitale doit donc être partagée entre les structures publiques et la population, afin que les résultats obtenus sur le terrain ne soient pas temporaires.
Une mission d’exécution plutôt qu’une démarche politique
Le coordonnateur de la Task Force a enfin tenu à préciser la nature de sa mission. En tant que militaire, il affirme agir dans le cadre des ordres reçus et de l’exécution de la mission qui lui a été confiée.
Il a ainsi écarté toute considération liée à d’éventuels bénéfices politiques, insistant sur le caractère opérationnel de l’intervention du Service national.
Pour lui, la priorité reste l’exécution de la mission d’assainissement et l’amélioration du cadre de vie des Kinois.
Vers un cadre de collaboration durable
Cette première rencontre avec les bourgmestres devrait ainsi servir de point de départ à une collaboration plus étroite entre la Task Force du Service national, le gouvernement provincial de Kinshasa et les administrations communales.
La démarche vise à mieux répartir les responsabilités, coordonner les interventions, renforcer la sensibilisation et surtout garantir la pérennité des résultats.
Pour le général Kasongo Kabwit, l’assainissement de Kinshasa ne pourra produire des effets durables que si les autorités et la population s’approprient collectivement cette mission.
Zacharie M. Mikounga
