La décision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d’engager un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État reçoit le soutien de Thérèse Kayikwamba Wagner. La ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise salue une démarche qu’elle considère comme un choix de « clairvoyance et de courage ».
Dans une déclaration publiée ce samedi 29 août 2026, sur son compte X, la cheffe de la diplomatie congolaise estime que la réponse durable à la guerre ne peut se limiter à la défense du territoire national. Selon elle, le pays doit également renforcer son unité, ses institutions et la confiance nécessaire à la cohésion nationale.
« Je salue avec respect et conviction la décision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d’engager le Dialogue national. J’y vois un choix de clairvoyance et de courage », a-t-elle écrit.
Thérèse Kayikwamba Wagner insiste particulièrement sur l’articulation entre les différents mécanismes engagés autour de la crise congolaise. Elle considère que Washington et Doha traitent respectivement les dimensions extérieure et sécuritaire du conflit, tandis que le Dialogue national doit permettre aux Congolais d’aborder eux-mêmes les questions relevant de la cohésion et de l’avenir du pays.
« Le Dialogue nous permet d’accomplir le travail que personne ne peut faire à notre place », affirme-t-elle, tout en soutenant une méthode fondée sur les consultations dans les provinces, l’expression de la parole, le respect du suffrage et des mandats constitutionnels.
La ministre défend également le principe selon lequel aucune légitimité ne peut être acquise par les armes et que les engagements issus du processus doivent être soumis au regard du public.
« Le courage politique, c’est d’y entrer »
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, l’ouverture de ce dialogue constitue aussi une occasion d’affronter les difficultés du pays sans chercher à déterminer à l’avance l’issue des discussions.
« Je suis fière de vivre dans un pays qui ose ouvrir une discussion sans savoir à l’avance où elle nous conduira, ni exiger qu’elle confirme nos certitudes », écrit-elle, estimant que les vérités difficiles doivent être regardées en face et travaillées collectivement.
Elle résume sa position par une formule qui place le débat au cœur de sa conception du courage politique : « Pour moi, le courage politique n’est pas de refuser le débat lorsque l’on n’en maîtrise pas l’issue. C’est d’y entrer. »
Tshisekedi appelle à dépasser les clivages
Cette prise de position intervient après l’adresse à la Nation prononcée jeudi 27 août par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au cours de laquelle le président congolais a annoncé la convocation d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ».
Présenté par le chef de l’État comme une initiative souveraine, le processus doit être conçu et conduit par les Congolais sur le territoire national, avec comme priorité les intérêts de la République.
Félix Tshisekedi souhaite que ce dialogue permette de dépasser les clivages politiques, idéologiques et communautaires afin de s’attaquer aux causes profondes des crises auxquelles le pays est confronté. Il appelle à faire primer la défense de la République, la consolidation de la paix, la préservation de l’unité nationale et la protection des intérêts stratégiques sur les intérêts particuliers.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra », a déclaré le président congolais, appelant ainsi à placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des divergences politiques et des appartenances particulières.
Tenplar Ngwadi
