Le gouvernement congolais a élargi la liste des membres du personnel de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI) concernés par la suspension du paiement de leurs rémunérations dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Dans un document complémentaire signé le 21 août 2026 par la ministre de l’ESURSI, Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, cinq nouvelles personnes ont été ajoutées à la liste initiale de 48 agents concernés par la mesure. Le nombre total de membres du personnel visés atteint ainsi 53.
Les cinq personnes ajoutées à la liste complémentaire sont le professeur Jean-Baptiste Kakomasakatolo Zambeze, le professeur Richard Kabunga Kabuseba, le professeur Zabandora Ndimubanzi, le chef de travaux Butotima Safari et le chef de travaux Paluku Malisawa.
Selon plusieurs informations publiées ces derniers mois par des médias congolais, dont Actualité.cd, les personnes concernées par cette liste complémentaire figurent parmi les membres du comité de gestion installé à l’Université de Goma par l’AFC/M23. Le gouvernement congolais avait déjà contesté et rejeté les nominations opérées par le mouvement rebelle dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et Bukavu.
Cette mesure intervient dans un contexte de durcissement de la position de Kinshasa face à la mise en place d’administrations parallèles dans les institutions publiques situées dans les territoires sous contrôle de l’AFC/M23.
Le ministère de l’ESURSI a également suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques de plusieurs établissements publics des villes de Goma et Bukavu au titre de l’année académique 2026-2027. Sont notamment concernés l’Université de Goma, l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma, l’ISTA-Goma et l’ISP-Goma, ainsi que l’Université officielle de Bukavu et plusieurs instituts supérieurs de la ville.
Pour Kinshasa, ces décisions sont liées à la situation sécuritaire dans les deux villes et à la nécessité de préserver la régularité des cursus ainsi que la valeur des titres académiques délivrés par l’État congolais.
Mais ces mesures sont contestées par l’AFC/M23. Le mouvement estime que la suspension des activités académiques et des rémunérations relève d’une instrumentalisation politique du secteur de l’éducation.
Bertrand Bisimwa, coordonnateur politique adjoint de l’AFC/M23, a affirmé que son mouvement avait déjà préparé un « mécanisme de substitution » destiné à permettre aux étudiants de poursuivre leur cursus malgré les décisions prises par Kinshasa.
Selon des informations rapportées notamment par IGIHE et d’autres médias ayant suivi les déclarations du mouvement, l’AFC/M23 affirme également envisager des mécanismes permettant d’assurer la continuité du fonctionnement des établissements concernés, y compris la prise en charge du personnel affecté par la suspension des rémunérations décidée par Kinshasa.
Cette crise place désormais les étudiants, les enseignants et les personnels administratifs au centre d’un bras de fer institutionnel et politique entre Kinshasa et l’AFC/M23.
D’un côté, le gouvernement congolais entend préserver l’autorité de l’État sur les institutions publiques et garantir la reconnaissance des cursus et des diplômes. De l’autre, l’AFC/M23 affirme vouloir mettre en place des mécanismes alternatifs pour assurer la continuité académique dans les zones sous son contrôle.
La principale interrogation demeure donc celle de l’avenir des étudiants et du personnel concernés, comment assurer la continuité des études et des activités universitaires tout en garantissant la reconnaissance académique et institutionnelle des cursus suivis dans ces zones affectées par le conflit ?
La Gazette du Continent
