La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) demande aux autorités congolaises de faire toute la lumière sur la situation du révérend pasteur Daniel Ngoy Mulunda Nyanga, alors que des rumeurs persistantes circulent sur les réseaux sociaux faisant état de son décès.
Dans son communiqué de presse publié le 26 août 2026 à Kinshasa, l’organisation de défense des droits humains affirme ne disposer, à ce stade, d’aucune notification officielle, d’aucune information vérifiable ni d’aucune preuve permettant de confirmer ou d’infirmer ces allégations.
La FBCP demande notamment que soient établis la réalité de son état de santé et le lieu exact où il serait actuellement détenu.
Une détention entourée de nombreuses interrogations
Selon la FBCP, Daniel Ngoy Mulunda avait été interpellé en Zambie le 18 décembre 2024, alors qu’il bénéficiait, d’après l’organisation, du statut de réfugié sous la protection du HCR et du gouvernement zambien.
La fondation affirme qu’il aurait ensuite été transféré de force vers Kinshasa.
Depuis lors, la famille, les organisations de défense des droits humains, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ainsi que le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) seraient, selon la FBCP, privés d’un accès direct au pasteur.
L’organisation dénonce également l’absence d’informations suffisamment précises concernant son état physique, médical et juridique.
Une ancienne déclaration de la CNDH remise en question
La FBCP revient par ailleurs sur une déclaration faite il y a environ un an par Paul Nsapu, alors président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Celui-ci avait affirmé avoir rendu visite à des détenus et avoir vu Daniel Ngoy Mulunda vivant.
Cette déclaration n’avait toutefois pas permis, selon la FBCP, de dissiper les interrogations, l’organisation estimant que les informations fournies ne précisaient pas suffisamment l’identité des détenus concernés ni leur lieu de détention.
Face aux nouvelles rumeurs, la fondation réclame donc des éléments concrets permettant d’établir la situation actuelle du pasteur.
La FBCP demande la fermeture des cachots clandestins
Au-delà du cas Daniel Ngoy Mulunda, la Fondation Bill Clinton pour la Paix réitère son appel à la fermeture des lieux de détention clandestins à travers la République Démocratique du Congo. L’organisation rappelle que cette question avait été évoquée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans ses engagements en faveur du renforcement de l’État de droit.
Pour la FBCP, aucune personne détenue ne devrait être soustraite au contrôle de la justice ou privée des garanties fondamentales liées à sa détention.
Libération ou présentation devant un juge
La fondation formule enfin une double exigence concernant Daniel Ngoy Mulunda. S’il est vivant, elle demande sa libération ou son transfert devant son juge naturel, afin que sa situation judiciaire soit examinée dans le respect de la loi.
Elle appelle les autorités à communiquer officiellement sur son sort afin de mettre fin aux spéculations et à l’angoisse de sa famille. La FBCP estime que la transparence sur le sort des personnes détenues constitue une exigence fondamentale dans un État de droit.
À ce stade, le décès de Daniel Ngoy Mulunda Nyanga demeure donc une information non confirmée officiellement. La FBCP demande aux autorités compétentes d’apporter des éléments vérifiables permettant de faire toute la lumière sur cette situation.
Zacharie M. Mikounga
