Le secrétaire général et porte-parole du Collectif de défense des droits des travailleurs des Lignes Aériennes Congolaises (LAC), Léonard Kinsembe, lance une nouvelle alerte humanitaire sur la situation des anciens agents de cette compagnie historique de la République Démocratique du Congo.
Dans son cri de détresse, il interpelle directement les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, la Première ministre, ainsi que les ministres du Budget, des Finances et du Portefeuille. Selon Léonard Kinsembe, douze ans après le début du processus de liquidation des LAC, les travailleurs concernés n’auraient perçu qu’environ 10 % de leurs décomptes finaux.
Les travailleurs meurent dans la misère
Le coordonnateur affirme que cette longue attente a plongé les anciens agents dans une extrême précarité. Sur quelque 4.350 travailleurs répertoriés au début du processus, environ 3.500 seraient déjà décédés, selon les chiffres avancés par le collectif.
Les survivants, pour leur part, seraient confrontés à des maladies chroniques et à l’absence de moyens financiers nécessaires pour se faire soigner.
Le collectif estime ainsi que la situation constitue désormais une véritable urgence humanitaire.
Les engagements du gouvernement toujours attendus
L’espoir était notamment né à la suite d’une décision du Conseil des ministres du 12 mai 2023, qui avait envisagé plusieurs mesures en faveur des anciens travailleurs. Parmi les propositions figurait le déblocage urgent d’environ 15 millions de dollars américains destinés à constituer un acompte sur le paiement des décomptes finaux, ainsi que la régularisation des cotisations sociales afin de permettre aux anciens agents ayant atteint l’âge de la retraite de bénéficier de leurs droits auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Le collectif rappelle également qu’en septembre 2025, la Première ministre avait instruit le ministre des Finances de procéder à la libération du montant décidé en Conseil des ministres. Mais, selon les travailleurs, ces engagements n’auraient toujours pas produit d’effets concrets.
Le patrimoine de la LAC au cœur des revendications
Le collectif demande également que le patrimoine de l’ancienne compagnie soit mobilisé afin de contribuer au règlement des droits des travailleurs. Il invoque notamment les dispositions du Code du travail et de l’Acte uniforme OHADA relatives à la protection des droits des travailleurs dans le cadre d’une liquidation.
Le secrétaire général et porte-parole du Collectif estime que la multiplication des commissions interministérielles ne doit pas retarder davantage le processus, alors que plusieurs conclusions auraient déjà été formulées au niveau du Conseil des ministres.
La retraite ne doit pas être une condamnation à mort
Le Collectif reprend également une déclaration du vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, selon laquelle la retraite ne devrait plus être vécue en RDC comme une condamnation à mort. Pour les anciens travailleurs des LAC, cette promesse doit désormais se traduire par des mesures concrètes, le paiement des décomptes finaux, l’accès à la pension de retraite et la valorisation du patrimoine de l’ancienne compagnie au bénéfice des ayants droit.
Une course contre la montre avant l’adoption du budget
Le Collectif appelle enfin le gouvernement à agir avant la prochaine étape du processus budgétaire, craignant que les engagements antérieurs ne deviennent caducs. Son message est présenté comme un ultime cri d’alarme face aux décès successifs d’anciens travailleurs.
Après plus d’une décennie d’attente, les anciens agents des LAC demandent aux autorités de prendre des mesures urgentes afin de mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une situation de précarité devenue insoutenable.
Zacharie M. Mikounga
