Le gouvernement congolais a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés dans les villes de Goma et Bukavu. La décision concerne l’année académique 2026-2027.
Elle intervient dans un contexte de contrôle de ces deux villes par l’AFC/M23 et de tensions persistantes autour de la gestion des institutions publiques.
À Goma, sont concernés l’Université de Goma (UNIGOM), l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma, l’ISTA-Goma et l’ISP-Goma. À Bukavu, la mesure vise notamment l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu.
Dans son arrêté, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations justifie cette suspension par la situation sécuritaire et ses conséquences sur le fonctionnement régulier des établissements concernés.
Le gouvernement affirme également vouloir préserver la régularité des cursus académiques ainsi que la valeur des titres délivrés par les institutions relevant du système national d’enseignement supérieur. La sécurité des étudiants et du personnel est aussi invoquée parmi les motifs de la décision.
Cette mesure intervient après plusieurs décisions et nominations opérées dans des établissements d’enseignement supérieur situés dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Kinshasa considère ces actes comme contraires à l’ordre institutionnel et ne reconnaît pas les autorités désignées en dehors du cadre légal de l’État congolais.
La question dépasse ainsi le seul fonctionnement administratif des universités. Elle touche également à la reconnaissance des autorités académiques, à la gestion des cursus et, à terme, à la validité des actes académiques délivrés dans un contexte institutionnel contesté.
Parallèlement à la suspension des activités, le ministère a également pris des mesures concernant la rémunération de certains membres du personnel. Une liste annexée à une correspondance ministérielle datée du 21 août 2026 mentionne plusieurs professeurs, chefs de travaux et assistants concernés par une suspension de paiement des rémunérations.
Selon les informations disponibles, ces mesures sont liées à la situation administrative des établissements placés sous contrôle de la rébellion. Le gouvernement central cherche ainsi à empêcher que des décisions prises par des autorités qu’il ne reconnaît pas produisent des effets dans le système public congolais.
La décision risque cependant d’avoir des conséquences directes pour les milliers d’étudiants inscrits dans ces institutions. La suspension intervient alors que l’année académique 2026-2027 doit se poursuivre et que les étudiants restent dans l’incertitude sur la suite de leur cursus.
Du côté de Kinshasa, la priorité affichée est la protection de la régularité académique et de la valeur des diplômes. Mais sur le terrain, cette décision pose désormais la question des mécanismes qui permettront aux étudiants et aux enseignants concernés de poursuivre leurs activités lorsque les conditions institutionnelles et sécuritaires le permettront.
La Gazette du Continent
