La Société civile, Bureau des Inspecteurs des droits de l’Homme (SC-BIDH RDC), coordination urbaine et territoriale de Mwenga-Kamituga, interpelle les autorités sur la situation des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) Wazalendo et la persistance des tracasseries dans le territoire de Mwenga et la ville de Kamituga.
Dans une correspondance datée du 24 août 2026 et adressée notamment au Coordonnateur national de la Réserve armée de la République (RAD), l’organisation affirme que le Gouvernement congolais débloque mensuellement 4 millions de dollars américains pour la prise en charge des VDP Wazalendo. Elle salue cette décision, qu’elle considère comme un acte visant à matérialiser le devoir de l’État de défendre la Nation.
Des tracasseries dénoncées malgré le financement
Selon la société civile, alors que ces fonds sont débloqués, les populations de Mwenga et de Kamituga continuent de faire face à des tracasseries attribuées à certains porteurs d’armes et à certains Wazalendo.
Elle dénonce notamment la présence de barrières qualifiées d’illégales. D’après le document, 54 barrières auraient été réduites à 9, mais certaines continueraient d’exiger jusqu’à 10.000 francs congolais par passage, alors que le tarif mentionné est de 3.000 FC.
L’organisation fait également état d’extorsions, d’intimidations, de confiscations de cartes d’électeur, d’amendes allant de 50.000 à 100.000 FC ainsi que de menaces de mort.
La société civile craint un détournement des fonds
La correspondance évoque plusieurs inquiétudes liées à la gestion des 4 millions de dollars américains mensuels. La société civile estime notamment que ces pratiques pourraient favoriser l’enrichissement abusif de certains acteurs, créer une mésentente entre la population et les Wazalendo et affaiblir la confiance envers les autorités.
Elle demande donc davantage de transparence sur la répartition de ces ressources et réclame que soient communiqués, dans un délai de 30 jours, les montants revenant effectivement aux VDP Wazalendo du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, avec un éclairage particulier sur les fonds destinés à Mwenga et Kamituga.
Une prise en charge effective réclamée
La SC-BIDH RDC demande également une prise en charge effective des Wazalendo déployés sur le front, notamment à Mwenga, Shabunda, Walungu, Kabare et Kamituga. Elle évoque les besoins en ration, soins médicaux, transport et autres moyens nécessaires à leurs opérations.
Pour l’organisation, une mauvaise gestion des fonds pourrait prolonger les difficultés de la population, notamment l’insécurité, les pillages, la guerre et les violations des droits humains.
Respect du tarif et suppression des barrières illégales
Parmi ses principales revendications, la société civile demande le respect strict des neuf barrières officielles, au tarif de 3.000 FC, ainsi que la suppression de toutes les autres barrières le long de la RN2.
Elle réclame aussi des sanctions contre les commandants et éléments impliqués dans les tracasseries et les exploitations illégales de l’or.
Un protocole d’accord déjà signé en avril
La correspondance rappelle qu’un protocole d’accord avait été signé le 24 avril 2026 lors d’une réunion consacrée à la sécurité et à la lutte contre les tracasseries dans le territoire de Mwenga.
Parmi les engagements figuraient notamment l’abandon de certaines maisons de civils occupées par des commandants et leurs escortes, l’abandon de certains hôtels occupés par des militaires, le redéploiement des commandants vers leurs groupes d’origine et la responsabilisation des postes de contrôle.
Le protocole prévoyait également que les récalcitrants soient poursuivis conformément à la loi et écartés des postes de contrôle.
Appel à l’action des autorités
La société civile appelle ainsi les autorités nationales, provinciales, militaires et administratives à prendre leurs responsabilités afin de mettre fin aux tracasseries et d’assurer une prise en charge correcte des Wazalendo.
Elle demande également l’unification et la discipline des différents groupes Wazalendo sous un commandement unique, afin d’accélérer leur organisation et leur encadrement.
Enfin, la SC-BIDH RDC prévient que, faute de réactions concrètes dans un délai de deux mois, la population pourrait recourir à des actions citoyennes. Elle affirme que la prise en charge correcte des Wazalendo doit contribuer, selon elle, au respect des droits humains, à la sécurisation de la population et à la lutte contre l’ennemi.
La Gazette du Continent
