La Société civile de la commune de Karisimbi demande à NURU Énergie de clarifier la base légale et les modalités des frais de location des compteurs appliqués à ses abonnés à Goma.
Elle appelle également l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) à vérifier la conformité de cette facturation.
Une facturation déjà dénoncée en 2025
La Société civile de Karisimbi revient à la charge sur la question des frais de location des compteurs électriques imposés aux abonnés de NURU Énergie dans plusieurs quartiers de Goma. Le dossier avait déjà suscité des réactions en novembre 2025, après l’introduction d’une facturation supplémentaire d’environ 2,3 dollars américains présentée comme des « frais de location compteur ».
Cette mesure avait notamment préoccupé les consommateurs des quartiers de Ndosho, Mugunga, Kyeshero et Lac Vert. À l’époque, à la suite des alertes de la Société civile et des échanges avec NURU Énergie, l’entreprise avait indiqué envisager un assouplissement du montant et des modalités de cette facturation.
La Société civile réclame des explications
Près d’un an après les premières contestations, la Société civile de Karisimbi estime que la question reste entière. Elle réclame désormais une clarification publique, transparente et documentée sur la base légale de ces frais, la grille tarifaire applicable, les modalités de fixation du montant ainsi que la nature exacte de cette facturation.
Cette demande intervient dans un contexte particulier. En janvier 2026, les autorités de fait de Goma avaient demandé aux opérateurs du secteur, notamment NURU, la SNEL, SOCODEE et Virunga Énergies, de suspendre les nouveaux tarifs et de mettre fin à la location mensuelle des compteurs, dans l’attente de la poursuite des discussions et du maintien des tarifs de 2025.
L’ARE appelée à contrôler les tarifs
La Société civile de Karisimbi demande donc à NURU Énergie de rendre publiques les bases légales et réglementaires de toute facturation actuellement appliquée aux consommateurs. Elle souhaite également savoir si les frais de location des compteurs sont toujours exigés, leur montant exact et les conditions dans lesquelles ils sont appliqués.
La structure appelle, par ailleurs, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) à effectuer une vérification de la conformité des tarifs appliqués aux abonnés de NURU à Goma. Elle rappelle que cette institution intervient notamment dans les questions tarifaires et le règlement des différends entre opérateurs et consommateurs.
Une série de revendications
La Société civile de Karisimbi réclame notamment la publication d’une grille tarifaire officielle, claire et accessible à tous les abonnés. Elle demande également la clarification de la base légale des éventuels frais de location des compteurs, la cessation de toute facturation qui ne serait pas conforme aux tarifs officiellement approuvés, ainsi que la mise en place d’un mécanisme permettant aux consommateurs de vérifier et de contester leurs factures.
Elle souhaite aussi que les organisations de la société civile et les représentants des consommateurs soient consultés avant toute modification importante de la tarification. En cas de perception jugée indue, la Société civile préconise enfin l’examen de mécanismes de remboursement ou de compensation au bénéfice des consommateurs concernés.
La pression économique sur les ménages mise en avant
Pour la Société civile de Karisimbi, cette question revêt une importance particulière dans un contexte socio-économique difficile à Goma. Elle estime qu’une hausse ou une facturation supplémentaire insuffisamment expliquée risque d’alourdir davantage les charges des ménages.
La structure reconnaît toutefois le rôle du secteur privé dans l’amélioration de l’accès à l’électricité dans la ville. Elle estime cependant que le développement de ce service doit aller de pair avec la transparence, la responsabilité, le respect des droits des consommateurs et le respect des règles tarifaires en vigueur.
NURU invitée au dialogue
La Société civile de Karisimbi invite ainsi NURU Énergie à privilégier le dialogue avec les consommateurs et les organisations communautaires afin de parvenir à une solution durable.
« Notre démarche ne vise pas à empêcher NURU de fonctionner ni à décourager les investissements dans le secteur de l’électricité. Nous demandons simplement que toute facturation imposée aux consommateurs soit transparente, légalement fondée, clairement expliquée et conforme aux tarifs officiellement approuvés. La population de Goma mérite un service électrique de qualité et une facturation juste et transparente », a déclaré Christian Kalamo au nom de la Société civile de Karisimbi.
La société civile réaffirme enfin sa disponibilité à participer à tout cadre de concertation réunissant NURU Énergie, l’ARE, les autorités compétentes et les représentants des consommateurs, afin de trouver une issue respectueuse des droits et intérêts de toutes les parties.
La Gazette du Continent
