Les Nations unies ont condamné l’attaque visant une équipe engagée dans la riposte contre Ebola à Aru, dans le nord de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. L’incident a notamment entraîné la dégradation de plusieurs ambulances et blessé un ambulancier.
Dans une déclaration publiée mardi 18 août depuis Bunia, le Coordinateur principal des Nations unies pour Ebola, Julien Harneis, a qualifié cette attaque d’« inacceptable ». Il a exprimé sa solidarité avec les équipes médicales et humanitaires qui poursuivent leurs activités dans des conditions difficiles.
Pour les Nations unies, la dégradation des ambulances constitue une menace directe pour la prise en charge des personnes suspectées d’être infectées. Ces véhicules sont indispensables pour assurer leur évacuation et leur accès rapide aux soins, alors que les équipes de riposte doivent déjà composer avec d’importantes contraintes sur le terrain.
Julien Harneis a également rappelé les risques auxquels sont quotidiennement exposés les personnels de santé et les acteurs humanitaires engagés dans la lutte contre l’épidémie, qui a déjà fait plus de 2 300 morts, dont des centaines d’enfants de moins de cinq ans.
Face à cette situation, le responsable onusien a appelé au respect du droit international humanitaire, soulignant que les civils, les personnels de santé et les travailleurs humanitaires ne doivent pas être pris pour cible.
Il a également exhorté les autorités locales, les leaders communautaires, les associations de motards et l’ensemble de la population de l’Ituri à soutenir les équipes de riposte, à rejeter la violence et à coopérer avec les mesures de santé publique. Selon lui, cette collaboration est indispensable pour permettre aux équipes médicales d’accéder aux communautés et de prendre en charge les personnes malades ou exposées.
La RDC fait actuellement face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, avec six provinces désormais touchées. En Ituri, première province affectée et épicentre de l’épidémie, la riposte est confrontée à plusieurs difficultés, notamment la fragilité des infrastructures sanitaires, l’insécurité et les perturbations liées aux mouvements de grève de certains prestataires.
Ces derniers ont notamment dénoncé des retards dans le paiement de leurs primes ainsi que des conditions de travail difficiles. Des mouvements de grève ont affecté certains centres de traitement Ebola à Bunia. Les autorités gouvernementales ont reconnu les retards de paiement et annoncé des mesures pour régulariser la situation, notamment à travers la validation des listes du personnel et la digitalisation progressive du système de paiement.
À ces contraintes s’ajoute l’insécurité persistante dans plusieurs zones touchées. Les attaques contre certaines structures de santé et les déplacements de populations compliquent les opérations de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge des malades.
Cette situation demeure particulièrement préoccupante dans les zones de conflit de l’est du pays, où les mouvements de population peuvent favoriser la propagation du virus et rendre plus difficile le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.
Tenplar Ngwadi
