L’épidémie de choléra poursuit sa progression dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Depuis la mi-juillet, plus de 1 000 cas et 28 décès ont été recensés, conduisant les autorités sanitaires à intensifier les mesures de riposte dans plusieurs districts, notamment à Mora, Fotokol, Mada, Makary et Kolofata, avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF).
À l’hôpital de district de Mora, les équipes médicales sont mobilisées pour prendre en charge les personnes suspectées d’être infectées. Un centre de traitement spécialement aménagé accueille quotidiennement les patients, avec un dispositif destiné à limiter les risques de transmission.
« Notre premier cas, nous l’avons reçu le 18 : un enfant âgé de trois ans en provenance d’Aïssa. À ce jour, nous avons enregistré 25 cas, dont neuf tests rapides négatifs et un décès. Nous recevons en moyenne un à deux patients par jour et deux personnes sont actuellement hospitalisées », explique Amine Ozong Kavaye, surveillant général du centre de traitement de Mora.
Le centre dispose de trois tentes, chacune ayant une fonction précise. Les cas suspects sont d’abord orientés vers un espace dédié au dépistage. En cas de résultat positif, les patients sont transférés vers la tente d’hospitalisation pour recevoir les soins appropriés.
La riposte repose également sur la prévention. À Mora, des relais communautaires se rendent dans les quartiers pour sensibiliser les habitants aux règles d’hygiène et d’assainissement, notamment à la nécessité d’éviter la défécation à l’air libre.
« Nous sensibilisons les populations sur les dangers de la défécation à l’air libre et nous leur demandons de mettre l’accent sur l’hygiène et l’assainissement. Le choléra est une maladie mortelle », souligne Didjatou Bouba, relais communautaire.
Selon elle, le souvenir des précédentes épidémies contribue aujourd’hui à renforcer la vigilance des populations face à la maladie.
Cette mobilisation intervient alors que plusieurs localités de l’Extrême-Nord restent confrontées à un accès limité à l’eau potable et à des conditions d’hygiène précaires, autant de facteurs qui compliquent la lutte contre le choléra.
Les autorités sanitaires cherchent désormais à contenir la propagation de l’épidémie avant l’intensification de la saison des pluies, une période généralement propice à la transmission de la maladie.
Tenplar Ngwadi
