Deux ans après son lancement, l’opération « Bac Kieto » poursuit son objectif qui est de contribuer à l’acquisition de nouveaux bacs pour améliorer la traversée du fleuve Congo dans le territoire de Luozi, au Kongo Central.
Lancée par des ressortissants de Luozi autour d’une contribution symbolique d’un dollar par personne, cette initiative est née d’une situation devenue préoccupante sur les quatre principales entrées et sorties du territoire, un seul bac assure actuellement la traversée.
Pour l’ingénieur Jean-Jacques Diabelo, coordonnateur de l’ASBL Luozi, le bilan de l’opération est encourageant. Il salue la mobilisation des ressortissants du territoire, mais également l’appui de personnes extérieures à Luozi qui ont accepté d’accompagner financièrement le projet.
Des contributions, mais aussi des créances à récupérer
Selon Jean-Jacques Diabelo, certaines personnes ayant soutenu l’initiative l’ont fait notamment sous forme de créances. Il appelle ainsi les autorités à faciliter la récupération de ces sommes. Pour le coordonnateur de l’ASBL, le recouvrement de ces créances permettrait de renforcer les moyens disponibles et pourrait contribuer à l’acquisition d’un ou même de plusieurs bacs.
L’objectif initial reste l’acquisition d’un bac d’une capacité de 200 tonnes. Mais à terme, les initiateurs espèrent disposer de quatre bacs afin de desservir les différentes entrées du territoire.
Quatre entrées, un seul bac opérationnel
Le territoire de Luozi compte quatre principales entrées et sorties citées par les initiateurs de l’opération. Il s’agit de Luozi, Mpioka, Mafambo et Kayiladio. Mais actuellement, un seul bac fonctionne effectivement à Luozi. Une situation qui, selon Jean-Jacques Diabelo, constitue un frein majeur à la mobilité et au développement économique du territoire. Les difficultés sont d’autant plus préoccupantes que les bacs existants seraient dans un état de dégradation avancé.
Un bac qui nécessite une motopompe pour fonctionner
Le coordonnateur de l’ASBL alerte notamment sur l’état du bac actuellement en service. Selon lui, son fonctionnement nécessite l’utilisation d’une motopompe destinée à évacuer l’eau qui s’infiltre dans la coque. Cette situation suscite des inquiétudes en matière de sécurité. Une défaillance de la motopompe pendant la navigation pourrait, selon lui, exposer les passagers à un risque important.
Face à ces préoccupations, la question d’une éventuelle suspension de l’exploitation du bac dégradé se pose. Mais une telle décision aurait également de lourdes conséquences pour la population, estime Jean-Jacques Diabelo.
Nous vivons du fleuve
Le fleuve Congo constitue en effet une voie de communication essentielle pour le territoire de Luozi. Les commerçants l’utilisent pour l’acheminement des marchandises et le ravitaillement de la population. Les malades empruntent également les bacs pour rejoindre des structures sanitaires de référence, tandis que les élèves et étudiants les utilisent pour poursuivre leurs études dans d’autres villes. Pour l’ASBL Luozi Lueto, l’arrêt du seul bac actuellement opérationnel risquerait donc d’isoler davantage le territoire.
L’ASBL interpelle les autorités
Les initiateurs de « Bac Kieto » affirment avoir saisi les autorités à différents niveaux, notamment le chef de l’État et le Gouvernement, afin d’obtenir un accompagnement. Jean-Jacques Diabelo rappelle que des annonces avaient déjà été faites dans le passé concernant l’acquisition de nouveaux bacs pour Luozi.
Il cite notamment des engagements évoqués en 2024, notamment autour de l’envoi d’experts à l’étranger.
Deux ans plus tard, l’ASBL estime que les résultats concrets tardent à se matérialiser. « La fabrication d’un bac ne prend même pas plus de six mois », fait valoir son coordonnateur, qui s’interroge sur les raisons de ce retard et sur la concrétisation des promesses annoncées.
Des bacs privés aux côtés de ceux de l’État
Pour les initiateurs de « Bac Kieto », l’intervention des particuliers ne signifie pas que l’État doit se désengager. Jean-Jacques Diabelo rappelle que, dans plusieurs régions de la RDC, des bacs privés et des bacs appartenant à l’État fonctionnent parallèlement. Il estime que cette complémentarité pourrait également être envisagée à Luozi.
L’objectif serait donc de disposer d’une capacité suffisante pour assurer la continuité de la traversée, tout en améliorant la sécurité et les conditions de transport.
Le précédent de 1995 ravive les inquiétudes
La question de la sécurité reste au cœur des préoccupations. Le coordonnateur de l’ASBL évoque notamment le chavirement d’un bac survenu en 1995, qui avait entraîné des pertes en vies humaines.
Trente ans après cet accident, il déplore l’absence, selon lui, d’un système suffisamment rigoureux d’enregistrement des passagers. Contrairement à certaines traversées où les voyageurs sont systématiquement enregistrés, les usagers des bacs de Luozi pourraient, selon son témoignage, embarquer sans dispositif permettant de connaître avec précision le nombre de personnes à bord.
Pour un système d’enregistrement des passagers
Pour l’ASBL Luozi Lueto, la sécurisation de la traversée ne doit donc pas se limiter à l’acquisition de nouveaux bacs. Elle passe également par un meilleur contrôle des passagers, l’enregistrement systématique des personnes embarquées et le respect des normes de sécurité et de navigation. L’opération « Bac Kieto » entend ainsi poursuivre sa mobilisation.
Son coordonnateur espère désormais que les contributions des ressortissants, combinées à l’appui des autorités nationales et provinciales, permettront de franchir une nouvelle étape vers l’acquisition de plusieurs bacs. Pour Luozi Lueto, l’enjeu dépasse la seule question du transport : il s’agit de maintenir ouvertes les voies de communication indispensables à la vie économique, sociale, sanitaire et éducative du territoire.
« Bac Kieto » : l’ASBL Luozi appelle à l’intervention du chef de l’État
Deux ans après le lancement de l’opération « Bac Kieto », l’ASBL Luozi Lueto maintient sa mobilisation pour l’acquisition de nouveaux bacs destinés à renforcer la traversée du fleuve Congo. Pour le coordonnateur, l’ingénieur Jean-Jacques Diabelo, l’initiative ne pourra toutefois atteindre pleinement ses objectifs sans un accompagnement des pouvoirs publics.
Renforcer le contrôle des passagers
Revenant sur les conditions de traversée, Jean-Jacques Diabelo affirme avoir constaté des insuffisances dans le contrôle des mouvements des personnes à l’entrée et à la sortie des bacs. Il précise toutefois qu’il ne lui appartient pas de déterminer les modalités de travail des services compétents en matière d’immigration ou de contrôle aux frontières. Son intervention repose, dit-il, sur le constat fait au quotidien sur le terrain.
Pour lui, l’enregistrement des passagers constitue néanmoins un élément important de la sécurité. Il permettrait notamment de connaître le nombre exact de personnes embarquées et de disposer d’informations fiables en cas d’incident.
Un appel au chef de l’État
Face aux difficultés financières qui pourraient empêcher les ressortissants de Luozi Lueto de réunir seuls les fonds nécessaires à l’acquisition des bacs, l’ASBL demande une intervention du chef de l’État.
Jean-Jacques Diabelo rappelle que l’organisation a déjà sollicité l’accompagnement du Président de la République, estimant que le projet s’inscrit dans la dynamique de développement des territoires. Selon lui, l’intervention des pouvoirs publics pourrait permettre de compléter les ressources déjà mobilisées par les ressortissants et les personnes de bonne volonté.
Des contributions qui ne suffisent pas encore
L’opération repose notamment sur la mobilisation des ressortissants de Luozi et sur la contribution symbolique d’un dollar par personne. Mais les fonds disponibles ne permettent pas encore, à eux seuls, de garantir l’acquisition de plusieurs bacs.
Le coordonnateur souligne également qu’une partie des soutiens obtenus l’a été sous forme de créances, dont le recouvrement nécessite un accompagnement.
L’ASBL espère donc que l’État pourra contribuer à combler le déficit financier restant, que ce soit par un appui direct ou par l’acquisition de nouveaux bacs au bénéfice du territoire.
Quatre bacs pour désenclaver Luozi
L’objectif affiché reste ambitieux : disposer à terme de quatre bacs pour desservir les différentes entrées du territoire de Luozi. Pour les initiateurs, il ne s’agit pas uniquement d’un projet porté par des particuliers, mais d’une réponse à un besoin essentiel de mobilité, de commerce, de santé et d’éducation.
L’ASBL Luozi Lueto appelle ainsi à une conjugaison des efforts entre les ressortissants, les bienfaiteurs et les pouvoirs publics afin de garantir une traversée plus sûre et plus régulière du fleuve Congo.
Dans l’attente d’une intervention concrète, l’opération « Bac Kieto » entend poursuivre la mobilisation pour que Luozi puisse progressivement disposer des moyens nécessaires à son désenclavement.
Zacharie M. Mikounga
