Un haut responsable des services de renseignement de l’armée de l’Est libyenne a été tué lundi dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi, portant un coup sérieux au camp du maréchal Khalifa Haftar, qui cherche à étendre son contrôle à l’ensemble du pays.
Fauzi Al-Mansouri a été tué alors qu’il quittait une mosquée après la prière du soir. Selon les autorités de l’Est, l’attaque a été menée au moyen d’une voiture piégée. Le commandement de l’Armée nationale libyenne (ANL) a condamné un « acte lâche et criminel ».
Les funérailles du responsable militaire se sont tenues mardi à Benghazi en présence de plusieurs hauts responsables de l’armée. Khaled et Saddam Haftar, deux fils du maréchal Khalifa Haftar, figuraient parmi les personnes présentes.
Khaled Haftar, chef d’état-major de l’ANL, a qualifié l’attentat d’« attaque terroriste » et indiqué que des instructions avaient été données afin de retrouver rapidement les responsables.
L’assassinat de Fauzi Al-Mansouri figure parmi les premières attaques visant un responsable de ce niveau dans l’Est libyen depuis environ une décennie. Il intervient dans un contexte marqué par la division persistante du pays depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.
La Libye reste dirigée par deux exécutifs rivaux. Le premier, installé à Tripoli et reconnu par l’ONU, est dirigé par Abdelhamid Dbeibah. Le second, basé à Benghazi, est contrôlé par le clan familial de Khalifa Haftar.
Pour Hamish Kinnear, analyste au sein du cabinet Verisk Maplecroft, cet attentat représente un « grave revers pour le dispositif de sécurité » du camp Haftar, notamment en raison du niveau de sophistication de l’opération, réalisée dans Benghazi, considéré comme un bastion de l’ANL.
La disparition de Fauzi Al-Mansouri intervient également alors que l’administration américaine de Donald Trump mène des efforts en faveur d’une réunification de la Libye, sur la base d’un plan élaboré par Massad Boulos, son émissaire pour l’Afrique.
Tenplar Ngwadi
